Actualisé 08.08.2017 à 12:58

Allemagne

Il tague les injures que Twitter ne supprime pas

Pour dénoncer le laxisme du réseau social, un artiste a reproduit devant le siège de la firme à Hambourg des tweets haineux ignorés par le réseau social.

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«Si Twitter me force à voir ces choses-là, alors Twitter doit également y jeter un oeil», a expliqué Shahak Shapira dans une vidéo publiée sur YouTube. Dans le but de dénoncer par un coup d'éclat le laxisme du réseau social en matière de modération de contenus, cet artiste israélien habitant en Allemagne a réservé une petite surprise aux employés de la firme à Hambourg avec son projet #HeyTwitter.

Pendant la nuit, à l'aide de complices, il a reproduit au pochoir, devant le siège allemand de Twitter, une trentaine de tweets haineux assortis des pseudonymes de leurs auteurs. Ils font partie des quelque 300 messages injurieux qu'il avait signalés à la plateforme de microblogging ces six derniers mois, mais qui n'ont jamais été supprimés. En comparaison, sur les 150 messages haineux signalés au réseau social concurrent Facebook, 80% d'entre eux ont été supprimés dans les trois jours.

«De sérieuses menaces de violence»

«Ces déclarations n'étaient pas seulement des insultes ou des blagues, mais de sérieuses menaces de violence, de l'homophobie, de la xénophobie ou du négationnisme», précise-t-il. «Ce sont des choses que personne ne devrait dire ou lire», ajoute-t-il. Or, sur les 300 signalements effectués, il n'a reçu que 9 réponses toutes identiques. Elles lui indiquaient que les messages incriminés ne violaient pas la politique de Twitter.

La vidéo montre qu'à 10 heures du matin, seuls les messages tagués devant l'entrée du siège avaient été nettoyés. «Cela correspond bien avec la politique de Twitter de balayer devant sa porte et de laisser le reste devenir le problème de quelqu'un d'autre», note, amusé, l'artiste.

Shahak Shapira n'en est d'ailleurs pas à sa première dénonciation des dérives des réseaux sociaux. Avec son projet Yolocaust, en janvier dernier, il avait pris pour cible les touristes affichant des comportements déplacés sur des photos prises au mémorial de la Shoah, à Berlin. L'artiste avait réalisé des photomontages dans lesquels il replaçait les silhouettes des personnes dans un nouveau décor. Elles apparaissaient tout sourire et dans des poses décalées au milieu de cadavres dans des camps de la mort.

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