Actualisé 07.04.2013 à 21:21

CyclismeIl tient le haut du pavé!

Donné favori de Paris - Roubaix, Fabian Cancellara n'a pas raté son rendez-vous. C'est la marque des très grands.

de
Robin Carrel, Roubaix
«Spartacus» s'était déjà imposé à Roubaix en 2006 et 2010.

«Spartacus» s'était déjà imposé à Roubaix en 2006 et 2010.

Ils ne sont pas légion, dans la longue et tortueuse histoire de la petite reine, à être capables d'un tel exploit. Débarqué à Compiègne avec une énorme pancarte dans le dos, le Bernois a réussi à déjouer toutes les stratégies adverses et à s'imposer d'une courte tête.

«On savait que la tactique des autres équipes était de ­s'allier contre nous, mais on était préparés à cela, a souri le directeur sportif Dirk Demol. On a parfaitement joué notre carte, même si Cancellara s'est retrouvé sans équipier à 50 kilomètres du but déjà. Du coup, il est passé à l'action.»

«Spartacus» a focalisé l'attention des médias et des autres coureurs pendant une semaine entière. C'était exactement pareil sur les pavés, hier. Malgré cette intense pression et deux chutes bénignes, mercredi, au Grand Prix de l'Escaut et, jeudi, alors qu'il reconnaissait le parcours, Cancellara a gagné au sprint face à la révélation de la journée d'hier: le Belge Sep Vanmar­cke. Ce «hat-trick» sur le Vélodrome de Roubaix, au terme de «l'enfer du Nord», est à classer ­parmi les très grands moments du sport helvétique.

«Toute la semaine, avec Fabian, on s'est dit qu'on courrait seulement pour la victoire, pas pour la deuxième place, a assuré Luca Guercilena, le ma­nager de l'équipe RadioShack-Nissan. Sa première attaque est peut-être venue un peu tôt. Mais cela nous a permis de voir qu'il était en forme, qu'il avait les jambes.»

A la suite de ce triomphe, après avoir déclassé la concurrence sur le Grand Prix E3 et le Tour des Flandres, le ­Suisse peut souffler. D'ici au Giro, où il peut légitimement rêver d'endosser le maillot rose, le Bernois va avoir droit à un repos bien mérité. Celui du guerrier

World Tour. 111e Paris-Roubaix (254,5 km):

1. Fabian Cancellara (S/RadioShack) 5h45'33'' (44,19 km/h). 2. Sep Vanmarcke (Be), m.t. 3. Niki Terpstra (PB) à 31''. 4. Greg Van Avermaet (Be). 5. Damien Gaudin (Fr) tous m.t. 6. Zdenek Stybar (Tch) à 39''. 7. Sebastian Langeveld (PB). 8. Juan Antonio Flecha (Esp), tous m.t. 9. Alexander Kristoff (No) à 50''. 10. Sébastien Turgot (Fr). 11. Heinrich Haussler (Aus). 12. Bernhard Eisel (Aut). 13. Maarten Wijnants (Be). 14. Lars Boom (PB). 15. Matti Breschel (Dan). 16. Björn Leukemans (Be). 17. Steve Chainel (Fr). 18. Maarten Tjallingii (PB). 19. Sylvain Chavanel (Fr). 20. Stijn Vandenbergh (Be), tous m.t. 21. Luca Paolini (It) à 1'00''. 22. Filippo Pozzato (It) à 2'52''. 23. Taylor Phinney (EU) à 3'13''. Puis: 34. Michael Schär (S) à 3'29''. 35. Thor Hushovd (No). 41. Martin Elmiger (S). 43. Jürgen Roelandts (Be), tous m.t. 86. Grégory Rast (S) à 14'38''. 198 coureurs au départ, 118 classés. Danilo Wyss (S) a abandonné.

Classement World Tour (après 10 courses): 1. Cancellara 351 points. 2. Peter Sagan (Slq) 312. 3. Richie Porte (Aus) 200. 4. Alexander Quintana (Col) 182. 5. Joaquim Rodriguez (Esp) 144. 6. Chavanel 142. 7. Van Avermaet 140. 8. Alberto Contador (Esp) 124. 9. Geraint Thomas (GB) 117. 10. Tom-Jelte Slagter (PB) 111. Puis: 70. Michael Albasini (S) 6. 96. Danilo Wyss 3.

Une victoire arrachée dans les ultimes mètres de la course

O’Grady et Steegmans ont tenté leur chance de loin. Le Lucernois Schär aussi a effectué un joli numéro, mais personne n’a pu créer un écart. Cancellara a placé sa première banderille à 51 bornes de l’arrivée. Il a ensuite essayé de se faire oublier, ne repassant à l’offensive que dans l’un des ­ul­times secteurs pavés. Seuls Stybar et Vanmarcke ont suivi. Le premier a chuté à cause d’un spectateur trop enthousiaste. Le second ne s’est incliné que d’une demi-roue sur le Vélodrome.

«Cette course, c’était tous contre moi»

«C’est extraordinaire, pour moi, pour l’équipe et ceux qui m’ont supporté. Cette course, c’était un peu tous contre moi. Je ne pensais pas me retrouver seul avec Vanmarcke à la fin. Pendant l’épreuve, je me suis souvent dit que c’était terminé. Mais c’est ça qui est génial avec Paris - Roubaix: rien n’est fini avant l’arrivée. Je ne sais pas si c’est mon plus beau succès. ­Arriver seul sur le Vélo­drome, comme en 2010, c’était pas mal. Cette fois, j’ai dû faire la guerre ­jusque dans les derniers millimètres. C’est une grande victoire!»

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