Famille vaudoise en Turquie - «Il tombait tellement de cendres du ciel qu’on aurait dit qu’il neigeait»
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Famille vaudoise en Turquie«Il tombait tellement de cendres du ciel qu’on aurait dit qu’il neigeait»

Un couple romand et ses trois enfants en bas âge, partis en Turquie pour les vacances, sont littéralement entourés par les incendies qui ravagent le sud du pays.

par
Xavier Fernandez
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Entre le drapeau rouge et le ciel caché par la fumée, il faut être motivé pour se baigner.

Entre le drapeau rouge et le ciel caché par la fumée, il faut être motivé pour se baigner.

Lecteur reporter
Malgré tout, de nombreux touristes tentent de profiter des vacances.

Malgré tout, de nombreux touristes tentent de profiter des vacances.

Lecteur reporter
Tant qu’à faire, autant prendre de belles photos.

Tant qu’à faire, autant prendre de belles photos.

Lecteur reporter

Louis*, sa femme et leurs trois enfants pensaient passer dix jours de rêve dans la région de Manavgat, au sud de la Turquie. Mais aujourd’hui, ils n’ont plus qu’une idée en tête: rentrer au plus vite. «Rien que depuis la fenêtre de notre chambre d’hôtel, nous apercevons trois incendies. Nous sommes littéralement entourés. Le plus proche de nous n’est qu’à un kilomètre à vol d’oiseau. Nous sommes terrifiés et ne savons pas que faire», déplore le Vaudois.

Le père de famille a contacté l’ambassade de Suisse, mais on lui a conseillé de suivre les recommandations des autorités locales. «Le problème, c’est que nous ne parlons pas le turc et, pour ce qui est du personnel de l’hôtel, il n’en sait guère plus que nous. Il tente pourtant de nous rassurer. Cela dit, difficile de faire du tourisme. Encore hier soir, il tombait tellement de cendres du ciel qu’on aurait dit qu’il neigeait. Personnellement, je n’ai pas dormi de la nuit», poursuit Louis.

Pas de rapatriement

Afin de se mettre à l’abri, avec les siens, le quadragénaire négocie actuellement avec son agence de voyage un retour pour quitter les lieux avant mercredi, date de leur vol initial. «J’ai des enfants en bas âge, en particulier un bébé d’à peine un an. Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation où nous devrions évacuer d’urgence», explique-t-il. En marge de cette démarche, il a également demandé aux autorités helvétiques si des rapatriements étaient prévus. C’est par la négative qu’elles lui ont répondu.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) confirme: «Il n’y a pas d’opération de retour prévue. L’aéroport d’Antalya est ouvert et fonctionne selon les horaires normaux. Il est possible de quitter la zone par ses propres moyens ou de s’éloigner des zones d’incendie. La loi sur les Suisses de l’étranger (LSE) stipule que le DFAE fournit, dans la mesure du possible, une assistance locale aux Suisses de l'étranger en situation de crise. Les personnes qui ont besoin d'aide doivent contacter la représentation suisse à Istanbul. Cependant, la loi mentionne également la responsabilité personnelle: toute personne est responsable de la préparation et de l'exécution d'un séjour à l'étranger.»

*Prénom d’emprunt

Plus de 60 Suisses habitent à Manavgat

Sur l’application Travel Admin du DFAE, 159 voyageurs suisses ont actuellement enregistré leur voyage en Turquie (ensemble du pays). De plus, 503 ressortissants suisses avec les membres de leur famille résident dans la province d’Antalya. À Manavgat, 61 personnes sont enregistrées. «Mais aucune n’a encore demandé l’aide des représentations suisses en Turquie», souligne le DFAE. En revanche, la ligne d’assistance du DFAE et le Consulat général à Istanbul ont jusqu'à présent répondu à quelques demandes de renseignements de ressortissants suisses sur la situation sur place.

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