VeveyIl touchait l'AI tout en travaillant comme un fou
Le rentier débordait d'activité professionnelle tout en exploitant des compatriotes. Les services sociaux lui ont versé un demi-million.
- par
- Christian Humbert
«Ils vivaient comme des animaux, dormaient par terre, au milieu des excréments»: c'est par ces mots que le procureur Hervé Nicod a évoqué, lundi au tribunal de Vevey, le sort peu enviable des ouvriers d'un Serbe de 59 ans.
A., paysagiste, les ramenait de son pays et les faisait loger dans un poulailler. Ils les employait ou louait leurs services à d'autres. L'argent est la motivation unique de ce personnage, soi-disant dans l'impossibilité de travailler. Car le bonhomme, non content d'encaisser 262'000 francs de rentes invalidité (AI) entre 1999 et 2013, travaillait comme un forcené au service de riches propriétaires pour des factures qui ont atteint un total de 250'000 francs. Il a encore perçu 120'000 francs de son assurance LPP.
L'AI le débusque, il gruge les services sociaux
Difficilement débusqué par un détective de l'AI, il a vu sa rente suspendue. Il a alors réclamé l'aide des services sociaux de la Riviera. Peu curieux, alors qu'il y avait une enquête pour escroquerie par métier, ils lui ont versé 95'000 francs.
A. poursuivait pourtant tranquillement ses activités professionnelles. Il disposait, de plus, d'une fortune de près de 300'000 francs répartie sur de multiples comptes bancaires. Cet argent a été séquestré: il devrait aussi intéresser les impôts.
Au total, c'est près d'un demi-million de francs que le Serbe s'est mis indûment dans les poches.
Penaud, A. a encore cherché à dribbler la justice, comme il l'a déjà fait pendant l'enquête. «Ce sont des bêtises. Je suis navré», a-t-il lâché. Sa femme, dont la rente AI entière a également été suspendue, risque 6 mois de prison avec sursis pour recel. Son avocat a réclamé un acquittement.
A. pourrait lui aussi échapper à la prison: alors que le procureur a requis 4 ans de prison, la défense a plaidé pour une peine avec sursis.