30.12.2019 à 07:15

GenèveIl trompe l'Etat durant 12 ans et touche un pactole

Un retraité a perçu près d'un quart de million d'aide sociale, alors qu'il était propriétaire et n'habitait plus en Suisse.

de
Léonard Boissonnas
L'aîné avait indiqué toujours habiter à la route du Pont-Butin et précisé «néant» sur ses éventuels biens immobiliers. (Image prétexte)

L'aîné avait indiqué toujours habiter à la route du Pont-Butin et précisé «néant» sur ses éventuels biens immobiliers. (Image prétexte)

Keystone/Christian Beutler

Portail en fer forgé, gazon bien entretenu, allée centrale en gravier, villa fraîchement rénovée: c'est là, en Italie du Nord, qu'est domicilié un ancien bénéficiaire du Service des prestations complémentaires (SPC), qui a touché indûment plus de 220 000 francs.

De 2006 à 2018, cet homme aujourd'hui âgé de 79 ans a fait croire qu'il habitait toujours dans le canton pour percevoir une aide, alors qu'il n'en était rien. De plus, il a caché qu'il avait hérité d'immeubles dans sa localité natale. «Tromperie astucieuse», «supercherie», «mensonges»: les termes du Ministère public résument le soin déployé par le vieil homme pour mener l'Etat en bateau.

Plusieurs astuces

Pour «continuer à créer l'illusion» durant toutes ces années, le retraité parcourait régulièrement des centaines de kilomètres en voiture pour se rendre au SPC, faisait dévier son courrier chez des connaissances, allait au Tessin pour retirer de l'argent, continuait à payer les impôts de sa voiture en Suisse, et a fait prolonger son permis C, entre autres.

Quand des soupçons se sont fait jour avec des retours d'envois au SPC, il a prétendu avoir des problèmes d'acheminement de son courrier et a même décrit avec détails son appartement genevois. Pincé grâce à la cellule enquête spéciale de l'Etat (encadré) et arrêté en 2018, il a été condamné à 30 mois dont 15 avec sursis pour escroquerie par métier notamment. Il a aussi été expulsé pour 10 ans. Devant ses juges, il a déclaré être «désolé de ce qu'il s'est passé»: «Je ne pouvais pas faire autrement, j'ai agi par ignorance», a-t-il prétendu.

Plus de 1000 enquêtes depuis 2018

La cellule enquête de l'office cantonal de la population et des migrations (OCPM) est opérationnelle depuis mars 2018. Elle est chargée de mener des investigations en matière de domiciliation, «et ce uniquement en cas d'indices concrets laissant présumer qu'une personne n'est pas domiciliée à l'adresse indiquée à l'OCPM», précise l'Etat. Depuis sa mise en place, la cellule a bouclé 1000 enquêtes. Quatorze sont en cours. Le nombre de dossiers où la domiciliation ou la situation ne correspondait pas aux données fournies est de 211.

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