Allemagne: Il tue son ancien prof pour des mauvaises notes
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AllemagneIl tue son ancien prof pour des mauvaises notes

Un enseignant a été tué jeudi matin au cours d'une agression dans un lycée technique à Ludwigshafen (ouest), faisant brièvement revivre à l'Allemagne l'horreur de la tuerie de Winnenden de mars 2009.

Le meurtrier présumé, un ancien élève de 23 ans, dont l'identité n'a pas été révélée, a expliqué avoir ressenti «une très grande colère contre ce professeur» qui lui «avait donné trop de mauvaises notes», a indiqué le procureur général du parquet de Frankenthal, Lothar Liebig, pendant une conférence de presse télévisée.

L'enseignant qui «était encore en vie au moment où il a été retrouvé dans les escaliers de la cave d'un bâtiment annexe du lycée servant aux ateliers de peinture» a succombé à ses blessures quelques minutes après l'arrivée des secours, selon Franz Leidecker, directeur de la police criminelle locale.

«Il doit y avoir eu une empoignade», la victime ayant reçu "au moins un coup de couteau", a-t-il ajouté. Poursuivi pour «soupçon d'assassinat», le meurtrier présumé, qui s'était rendu dans l'enceinte du lycée vers 10H00 heure locale (09H00 GMT) muni d'un couteau de combat et d'un pistolet d'alarme, n'a aucun antécédent judiciaire. Il sera présenté vendredi à un juge devant statuer sur sa détention.

Il a pu être rapidement arrêté à l'intérieur de l'établissement accueillant quelque 3.200 élèves.

En cours d'interrogatoire, il a coopéré avec la police et a reconnu avoir agressé son ancien professeur, a dit M. Leidecker. Après cette attaque, le jeune homme s'était rendu dans le bâtiment principal de l'établissement où «plusieurs tirs» ont été entendus, puis il a «allumé ou tenté d'allumer» un feu de bengale, qui a déclenché la sirène d'alarme à incendie et alerté la police, a expliqué le procureur Liebig.

La consternation était d'autant plus grande que le lycée technique de Ludwigshafen, ville natale de l'ancien chancelier Helmut Kohl, a pris «plusieurs initiatives de prévention avec la police», a souligné Doris Ahnen, ministre de l'Education de Rhénanie-Palatinat.

Toutes les chaînes d'information en continu ont consacré des heures de programmation spéciale à ce meurtre, qui a ravivé le souvenir de la tuerie survenue dans un établissement scolaire de Winnenden, près de Stuttgart, le 11 mars dernier. Ce jour-là, Tim Kretschmer, 17 ans, amateur de jeux vidéos violents, a abattu dans son ancien collège neuf collégiens et trois enseignantes, puis trois passants, avant de se suicider.

Depuis, les mesures de prévention avec des séances de médiation, d'arbitrage ou des cours pour «prendre de l'assurance en cas de conflit verbal ou physique» ainsi que les «plans d'intervention de crise» se sont multipliés dans les écoles allemandes.

Certains établissements ont même installé une sonnerie codée réservée aux actes de folie meurtrière et ont appris aux élèves à se barricader le cas échéant. Les agressions à l'école sont très médiatisées et chaque nouveau cas relance ponctuellement le débat public. En avril 2002, une tuerie qui fit 17 morts, dont le tueur de 19 ans dans un lycée à Erfurt, avait bouleversé l'opinion allemande. (afp)

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