Actualisé 02.07.2015 à 14:11

SoleureIl tue son frère, mais jure qu'il «n'est pas mort»

Un quinquagénaire comparaît depuis mercredi devant la justice soleuroise pour l'assassinat de son aîné, en août 2013. Le verdict est attendu lundi prochain.

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Un drame familial s'est déroulé mardi soir (13 août 2013) dans cette maison de Büsserach (SO).

Un drame familial s'est déroulé mardi soir (13 août 2013) dans cette maison de Büsserach (SO).

Lukas Hausendorf
Depuis la mort de leur mère, trois frères se disputaient à propos de l'héritage: la maison (photo) dans laquelle vivait gratuitement le tireur.

Depuis la mort de leur mère, trois frères se disputaient à propos de l'héritage: la maison (photo) dans laquelle vivait gratuitement le tireur.

Lukas Hausendorf
Le soir du drame, la victime et un des frères ont tenté de trouver une solution avec leur frangin. Mais la situation a viré au drame. L'homme de 48 ans a saisi son fusil de chasse et a tiré sur son frère de 55 ans.

Le soir du drame, la victime et un des frères ont tenté de trouver une solution avec leur frangin. Mais la situation a viré au drame. L'homme de 48 ans a saisi son fusil de chasse et a tiré sur son frère de 55 ans.

Lukas Hausendorf

C'est un homme anormalement détendu qui s'est présenté mercredi devant la justice soleuroise. Karl*, 50 ans, avait même un petit sourire au coin des lèvres lorsqu'il est arrivé dans la salle d'audience, écrit jeudi «Blick». Pourtant, ce quinquagénaire est accusé d'avoir assassiné son grand frère, Ernst*, le 13 août 2013 à Büsserach (SO).

«Je suis désolé d'avoir dû me défendre», a affirmé le prévenu qui ne semblait en aucun cas regretter ce qu'il s'est passé il y a deux ans. Le jour du drame, ses deux frères étaient venus le voir chez lui à Büsserach, dans la maison familiale. L'accusé y vivait depuis la mort de leur mère en 2011. Interrogé par la Cour, son frère Andreas*, 61 ans, l'ainé de la fratrie, raconte que lui et Ernst avaient voulu engager la conversation avec leur cadet parce que celui-ci croulait sous les dettes. «Nous voulions lui suggérer de vendre la maison», a-t-il raconté.

Après à peine huit minutes de discussion, Karl aurait complètement pété plombs, se rappelle le sexagénaire: «Il a pris son fusil de chasse et nous a dit de partir.» C'est en quittant les lieux que le prévenu a soudainement tiré dans le ventre de son frère Ernst.

Selon l'acte d'accusation, le fusil était déjà chargé à ce moment-là. Le prévenu avait donc l'intention de s'en servir, note la Cour. Celle-ci a ensuite demandé à l'accusé de clarifier les propos qu'il avait eus peu après son arrestation. Le quinquagénaire avait en effet affirmé qu'Ernst «méritait de mourir parce qu'il avait abusé de petits garçons».

Devant les juges, mercredi, il a raconté qu'Ernst avait abusé de lui quand il était petit. Mais au lieu de s'expliquer, l'accusé a fait une sortie pour le moins déroutante: «Ernst n'est pas mort. Il est encore quelque part. Il a toujours voulu m'empoisonner. Tout est de sa faute.»

Les juges n'ont trouvé aucune preuve qui puisse attester d'éventuels abus sur le prévenu lorsqu'il était enfant. Malgré cela, l'accusé ne pourra probablement pas être jugé responsable de ses actes parce qu'il souffre de schizophrénie paranoïde. Le verdict sera rendu lundi prochain.

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