Actualisé 11.09.2008 à 13:16

Suisse-Luxembourg«Il va falloir faire un travail important sur le mental»

Au lendemain de la retentissante défaite de la Suisse face au Luxembourg, le psychologue du sport Mattia Piffaretti ne crie pas au catastrophisme pour autant.

de
Didier Bender

- Comment analysez-vous la défaite de la Suisse?

- Si on regarde les interviews d'après-match, on voit de la déception, de l'incompréhension et de la surprise. Tout échec fait partie du sport. Dans la mesure où les joueurs savent ce qu'ils doivent améliorer, ils peuvent retirer du positif de cet échec. - Pensez-vous que la Suisse va pouvoir surmonter son échec à domicile face à un adversaire du calibre du Luxembourg?

- C'est clair qu'on va tirer des parallèles, notamment avec la défaite inattendue de Bakou en Azerbaïdjan (ndlr: en 1996, c'était alors Fringer sélectionneur de la Nati). Il s'agit d'un match, certes important, mais c'est juste une étape dans un programme long. Il faut bien le regarder comme une étape. La pause avant les prochaines rencontres va permettre le temps de la réflexion. Maintenant, il faudra faire un travail important sur le mental. Si on n'accepte pas l'échec ou la défaite, comme la victoire d'ailleurs, on ne fait pas de sport. Il faut faire face à l'adversité et montrer son caractère.

- La fin de la rencontre contre Israël (égalisation adverse dans les arrêts de jeu) a-t-elle laissé des traces?

- C'est vrai qu'en regardant la dynamique du match contre Israël, on peut imaginer que le dénouement de ce match pourrait avoir eu des conséquences sur l'équipe de Suisse. Il est possible que dans ce cas de figure les joueurs puissent avoir été déstabilisés dans leur confiance et aient ressenti une nervosité excessive contre le Luxembourg, car la victoire leur était présentée comme quasi-obligatatoire.

- La réaction de la presse, jeudi matin, est sévère avec la prestation des Suisses. Peut-elle avoir une influence sur l'équipe?

- La presse parle de honte, mais il s'agit là d'une réaction émotionnelle disproportionnée. Pourquoi avoir honte de perdre contre une équipe bien organisée et hyper-motivée? La Suisse peut se remettre de cet échec plus facilement si, au lieu de s'en vouloir et de craindre le jugement extérieur (ce qui est à la base de la honte), elle se regarde dans le miroir pour analyser ce qui a manqué à l'équipe et se motiver à ne plus refaire les mêmes erreurs. La honte se transformera alors en détermination, le meilleur des présupposés psychologiques pour surmonter l'échec de mercredi soir.

- Plus généralement, est-ce que vous pensez que la Suisse a digéré son échec à l'Euro?

- L'Euro a certainement laissé quelques amertumes. Mais l'arrivée d'un nouveau technicien avec Ottmar Hitzfeld, ça doit être un élément suffisamment fort pour marquer la rupture.. Avec l'arrivée de ce nouveau leadership, il y a eu des mouvements dans le contingent. Un nouveau groupe est en train de se former. On voit qu'il y a une volonté de redynamiser le groupe, aussi avec les changements effectués mercredi soir contre le Luxembourg. Comme dans tout groupe «retouché», il faut un certain temps avant que cette étape de formation soit suivie par un nouvelle dynamique d'équipe capable de performer à la hauteur de son potentiel.

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