Territoire national: Il veut qu'un bout de France devienne Suisse
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Territoire nationalIl veut qu'un bout de France devienne Suisse

Un sexagénaire français aimerait voir son pays devenir un état fédéral. Et si son projet lui est refusé, il demandera le rattachement de sa région, la Franche-Comté, à la Suisse.

Jean-Philippe Allenbach est surnommé «le petit Napoléon de la Suisse».

Jean-Philippe Allenbach est surnommé «le petit Napoléon de la Suisse».

Défenseur invétéré de «l'intérêt supérieur de la Franche-Comté», Jean-Philippe Allenbach, énergique sexagénaire franco-suisse créateur du «Mouvement Franche-Comté», déclare sans ambages: «Si nous n'avons pas de France fédérale, mieux vaut être canton suisse!»

Son désir de rattachement lui a valu d'être surnommé «le petit Napoléon de la Suisse» par un de ses amis, un Suisse allemand.

Figure locale qualifiée de trublion ou de «rigolo» par ses adversaires, l'homme est jovial. La Franche-Comté l'habite: ses yeux clairs et ses cheveux blonds s'accordent avec une cravate rayée bleu et jaune, couleurs du drapeau franc-comtois, qu'il arbore quand il reçoit.

«Je mène le combat depuis Genève!»

Né à Besançon d'une mère française et d'un père suisse, Jean-Philippe Allenbach, 62 ans, père de deux filles, habite Genève tout en conservant un pied-à-terre côté français à Besançon.

«Je ne crois pas que le général de Gaulle habitait la France lorsqu'il résistait. Moi, avec nos alliés de la Ligue savoisienne, je mène le combat depuis Genève!», martèle ce financier à la retraite, que ses sympathisants appellent JPA.

Pour une France fédérale

Depuis une quinzaine d'années, cet ancien membre du Parti fédéraliste français, fondateur en 2006 du Mouvement Franche-Comté (MFC), prône «l'Europe fédérale» et mène un combat parallèle à la Ligue savoisienne, créée en 1994.

«Si nous n'avons pas de France fédérale, mieux vaut être canton suisse. C'est la faute à Paris», déclare ce bi-national avec un léger accent franc-comtois de circonstance.

Des Helvètes, dont il prend l'intonation particulière dès qu'il franchit la frontière dans l'autre sens, Jean-Philippe Allenbach envie le système. «Tous les Franc-Comtois pourraient trouver leur compte en Suisse: bas salaires multipliés par deux, moins d'impôts, moins de grèves, plein de vélos...», relève-t-il.

«Les entreprises du Haut-Doubs partent en Suisse. A moins d'instaurer un régime fiscal spécifique à la Franche-Comté, on est mort! Mieux vaut passer dans le camp adverse», assure-t-il encore.

JPA s'est présenté à plusieurs élections sans jamais dépasser 5% des suffrages. Il a même tenté sa chance pour les présidentielles françaises de 2002 et 2007, sans réussir à rassembler les 500 parrainages nécessaires.

Il salue le projet d'un UDC genevois

Le quartier général de son mouvement, qui revendique 500 adhérents, se trouve en plein centre de Besançon. Bannières, autocollants et diverses décorations frappés du lion franc-comtois ornent sa devanture, à côté d'appels au rattachement à la Suisse.

Jean-Philippe Allenbach se réjouit de la démarche du député UDC genevois Eric Bertinat. Ce dernier a proposé fin août au Grand Conseil à Genève de «revoir le cadre constitutionnel pour permettre aux régions limitrophes de rejoindre la Confédération helvétique en qualité de nouveaux cantons si une majorité de leur population le demande».

Une première demande en ce sens auprès du gouvernement suisse n'avait rien donné. Mais JPA n'en démord pas. «Les Suisses sont prêts à nous accepter», affirme-t-il.

«Et si la France peut prendre la Wallonie (Belgique), pourquoi la Suisse ne pourrait-elle pas prendre la Franche-Comté et la Savoie?», ajoute-t-il d'un air se voulant solennel, contredit par une allure d'éternel adolescent blagueur.

(afp)

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