Berne - Il voulait donner du LSD à des lapins de laboratoire

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BerneIl voulait donner du LSD à des lapins de laboratoire

Un médecin de l’hôpital universitaire de Berne a planifié une expérience particulière sur des animaux. Les autorités l’ont découvert par hasard lors d’une commande de drogue aux Pays-Bas.

par
jbm
Le chercheur utilisait des lapins pour ses expériences qui ne prévoyaient, semble-t-il, pas l’utilisation de LSD.

Le chercheur utilisait des lapins pour ses expériences qui ne prévoyaient, semble-t-il, pas l’utilisation de LSD.

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Un médecin-chef en neuroradiologie à l’Hôpital de l’Île à Berne faisait des recherches sur les thérapies pour les compressions vasculaires dans le cerveau. Ces constrictions peuvent survenir après un accident vasculaire cérébral par exemple. Le chercheur a donc essayé sa méthode sur des lapins. Il a déclenché les vasoconstrictions dans leurs cerveaux et les a ensuite traitées. Mais il s’est heurté à un problème. Comme chez l’humain, un lapin souffrant de cette lésion cérébrale ne survit souvent pas longtemps. De nombreux animaux sont morts avant que la thérapie n’ait pu faire effet.

Le médecin a eu alors une idée rapporte la «Schweiz am Wochenende». Il a voulu injecter du LSD aux cobayes. Cette drogue est connue pour ses effets psychédéliques. Mais elle peut aussi déclencher les vasoconstrictions qui intéressent le neuroradiologue, sans toutefois causer de dommages. Pour cela, il a commandé une petite quantité de LSD aux Pays-Bas via Internet. Mais l’envoi n’est jamais arrivé. Il a été bloqué au centre postal de Zurich-Mülligen. Les agents des douanes ont effectué un contrôle sur place et ont saisi le bon de livraison. Puis un examen par l’institut médico-légal a révélé qu’il s’agissait de LSD.

Des suites judiciaires

Le Ministère public de Berne s’est emparé de l’affaire et a condamné le médecin par voie d’ordonnance pour violation de la loi sur les stupéfiants et tentative de violation de la loi sur la protection des animaux. Le prévenu disposait d’une autorisation d’expérimentation animale délivrée par le service vétérinaire bernois, valable jusqu’à fin juillet 2021. Mais il n'était nullement fait mention de LSD.

L’homme a fait recours arguant qu’il y avait eu erreur d’envoi de la drogue. Il n’avait pas commandé du LSD-25, qui est d’ailleurs interdit en Suisse, mais du 1CP-LSD, qui est autorisé pour la recherche. Et il aurait demandé une autorisation complémentaire dès la réception de la substance.

L’hôpital ne savait rien des expériences

À l’hôpital de l’Île on dit ne pas être au courant des expériences de ce médecin. «Si l’hôpital en avait eu connaissance, il aurait entamé immédiatement une réévaluation», affirme le service de communication. Mais là: «On ne savait rien!» Car le chercheur a changé d’emploi quelques semaines après la commande de LSD. Il est aujourd’hui médecin en chef adjoint et consultant principal dans un hôpital en Allemagne.

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