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Cent voitures endommagées par le feuIl voulait faire taire les voix dans sa tête

Un homme souffrant de problèmes psychiques a mis le feu à un garage souterrain de Berne, en été 2019, causant d’importants dégâts. Son procès s’est ouvert mercredi.

par
ofu
Lecteur-reporter

Il les entendait depuis deux ans. Dans la nuit du 28 au 29 juillet 2019, elles sont devenues insupportables. Les voix que le prévenu entendait dans sa tête ne cessaient de lui répéter que les services secrets le surveillaient. Il se croyait par ailleurs victime d’une sorte d’expérience obscure pour laquelle il servait de cobaye. L’homme, qui comparaît depuis mercredi devant la justice bernoise, consommait régulièrement du cannabis et des amphétamines afin de les faire taire, écrit ce jeudi la «Berner Zeitung», qui assiste à son procès.

Le soir des faits, le prévenu de 39 ans avait menacé les voix de mettre le feu à quelque chose si elles continuaient de lui parler. Quelques minutes plus tard, il s’était rendu dans un garage souterrain de la ville de Berne, muni d’un sac rempli de journaux et de l’alcool à brûler. Il avait placé le sac dans une voiture choisie au hasard avant de bouter le feu et s’en aller. Cinq autos avaient été totalement détruites et une centaine d’autres avaient été endommagées. Montant des dégâts: 1,2 million de francs.

«En transe»

Interrogé mercredi par les juges du tribunal régional de Berne-Mittelland, le trentenaire a affirmé: «Je ne sais pas comment j’ai pu en arriver là». Il se dit choqué par l’étendue des dégâts qu’il a occasionnés. Il a aussi avoué qu’il était comme «en trans» au moment des faits.

Plusieurs expertises psychiatriques attestent qu’il souffre d’une schizophrénie de type paranoïde. Le fait de prendre des drogues en guise d’automédication n’a fait qu’empirer les choses, s’accordent à dire les experts. Selon eux, il ne peut pas être tenu pour responsable de ses actes. Raison pour laquelle ils recommandent des mesures thérapeutiques institutionnelles.

Reconnu non coupable

Le prévenu, qui se trouve d’ores et déjà en exécution anticipée de peine, se fait soigner depuis l’été dernier au centre psychiatrique de Münsingen. «Au début, j’avais de la peine à accepter mon diagnostic. Mais je ne le remets plus en question désormais et je suis prêt à continuer mon traitement.»

Vendredi, la Cour a rendu son verdict. Le panel de trois juges a conclu que le Bernois de 39 ans, qui souffre de schizophrénie paranoïaque, n'était pas coupable d'incendie criminel. Ce faisant, le tribunal s'est rangé à l'avis des experts psychiatriques ainsi que de la défense et de l'accusation. L’homme continue donc à vivre au centre psychiatrique de Münsingen, où il suit des thérapies et doit prendre des médicaments tous les jours.

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