Pénurie de gaz: «Il vous faut constituer des réserves de fioul, dès aujourd’hui»

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Pénurie de gaz«Il vous faut constituer des réserves de fioul, dès aujourd’hui»

Le Conseil fédéral voit des indices «concrets» que l’hiver va être difficile. Les entreprises seront les premières touchées et sont invitées à se préparer, dès maintenant.

par
Yannick Weber
Selon Guy Parmelin, des économies volontaires en amont peuvent nous permettre d’éviter la pénurie.

Selon Guy Parmelin, des économies volontaires en amont peuvent nous permettre d’éviter la pénurie.

Conseil fédéral

«À la veille des vacances, nous aurions préféré vous parler d’autre chose, mais, là, il y a des indices concrets quant à la possibilité d’une pénurie de gaz». Guy Parmelin n’y est pas allé par quatre chemins, mercredi, lors de la dernière conférence de presse du Conseil fédéral, avant l’été. Il a présenté le plan d’urgence, si le gaz ou l’électricité venaient à manquer.

«Si vous attendez l’automne…»

Tout est fait pour épargner les ménages. D’abord, ce serait aux entreprises de se serrer la ceinture. Le Conseil fédéral appelle toutes celles qui peuvent passer du gaz au mazout à agir tout de suite. «Il faut dès aujourd’hui, indépendamment des prix du marché, constituer des réserves de fioul. Si tout le monde attend l’automne pour faire le plein, nous aurons un problème logistique», a dit le ministre de l’Economie. 

En outre, des réserves hydrauliques sont préparées et des stocks de gaz sont constitués dans les pays voisins. Car la Suisse peut prendre toutes les mesures qu’elle veut, c’est à l’étranger que tout se joue. «Nous ne sommes pas une île», a rappelé Simonetta Sommaruga. Un accord de solidarité est d’ailleurs en préparation avec l’Allemagne.

Le Conseil fédéral veut signer un accord de solidarité avec l’Allemagne.

Le Conseil fédéral veut signer un accord de solidarité avec l’Allemagne.

Piscines et salles de gym

Pour l’heure, on ne panique pas. Si la Suisse s’approchait d’une pénurie, le Conseil fédéral se contenterait dans un premier temps «d’appeler les consommateurs de gaz naturel à réduire leur consommation». Il n’y aurait alors rien de contraignant, mais si cela ne suffisait pas, le bâton arrivera avec «la possibilité de restrictions très concrètes, par exemple en ne chauffant plus les piscines, bâtiments inoccupés ou salles de gym», a dit Guy Parmelin. 

En bout de course, la Suisse passerait au contingentement, «qui touchera tous les clients hormis les ménages privés et les services essentiels, sans exception», a dit Guy Parmelin. Néanmoins, la population est appelée, au moins mentalement, à se préparer à se restreindre elle aussi. «Baisser le chauffage d’un degré économise 7% de la consommation de gaz. C’est peut-être difficile à se l’imaginer en plein été, mais il faut déjà y réfléchir», a-t-il insisté.

Et s’ils gardaient tout pour eux?

La Suisse constitue des stocks dans les pays voisins, mais si eux aussi sont confrontés à des manques, est-on vraiment sûr qu’ils ne vont pas tout simplement saisir les stocks et les utiliser pour eux-mêmes? «Il n’y a jamais de garantie. Comme on l’a vu pendant la pandémie, on a commandé des masques, on les a payés, et on ne les a pas tout de suite reçus», a reconnu Simonetta Sommaruga. À la différence de la pandémie par contre, dans le cas présent, on a, au moins, quelques mois pour s’y préparer. «La Suisse, la France, l’Allemagne, l’Autriche, les pays du Bénélux, par exemple, travaillent déjà ensemble», a dit la ministre de l’Environnement. 

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