Il y a 60 ans, l'ONU approuvait la partition de la Palestine

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Il y a 60 ans, l'ONU approuvait la partition de la Palestine

Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale de l'ONU approuvait la partition de la Palestine en deux Etats séparés, l'un juif, l'autre arabe, un concept toujours d'actualité 60 ans après.

Il est au coeur de la nouvelle initiative de paix lancée cette semaine entre Israéliens et Palestiniens.

Lors de la conférence sur le Proche-Orient organisée mardi à Annapolis, aux Etats-Unis, Israéliens et Palestiniens se sont engagés à tenter de parvenir d'ici la fin 2008 à un accord de paix prévoyant la création d'un Etat palestinien au côté d'Israël.

Lorsque l'Assemblée générale a voté le plan de partage de la Palestine en 1947, il était clair qu'il déclencherait une guerre entre juifs et arabes, qui éclata l'année suivante. Ce vote n'en reste pas moins mémorable en Israël. A l'époque, 600.000 habitants juifs s'étaient rassemblés autour des radios pour suivre en direct le scrutin organisé aux Nations unies.

Une majorité des deux-tiers était requise et l'issue n'était pas certaine malgré les efforts déployés par les délégués juifs pour tenter d'obtenir le plus large soutien possible. Suzy Eban, veuve du diplomate israélien Abba Eban, premier ambassadeur d'Israël à l'ONU, a expliqué à la télévision israélienne que la clé avait été de convaincre la France de soutenir la plan, ce qui avait pesé sur le vote des alliés de Paris en Afrique et ailleurs.

Finalement, le plan a été approuvé par 33 voix pour, 13 contre et 10 abstentions, suscitant des manifestations de joie chez les juifs à Jérusalem et Tel Aviv, même si leurs dirigeants se préparaient à une guerre qu'ils savaient inévitable. Avec la fin du mandat britannique sur la Palestine le 14 mai 1948, Israël a déclaré son indépendance.

La guerre israélo-arabe qui a alors éclaté a duré deux ans provoquant la mort de 10% de la population israélienne. A la faveur du conflit, l'Etat hébreu a toutefois agrandi le territoire que lui avait attribué le plan de l'ONU.

Le cessez-le-feu intervenu en 1949 a tenu jusqu'à la guerre des Six-Jours en 1967, qui permit à Israël de conquérir de nouvelles terres: Cisjordanie, Bande de Gaza, Jérusalem-Est, le plateau du Golan ainsi que le désert du Sinaï, qui fut restitué à l'Egypte en 1979.

Les arabes de Palestine ont réagi avec colère au vote de 1947, accusant les sionistes de voler leur terre et lançant des attaques qui tuèrent des dizaines de juifs.

Le 29 novembre est ainsi considéré comme un jour de tristesse par les Palestiniens, tandis que le 14 mai représente pour eux le «jour de catastrophe», car 700.000 d'entre eux ont fui ou ont été chassés de leur foyer durant la guerre qui a suivi.

Aujourd'hui, environ un million d'arabes sont citoyens israéliens, mais quatre millions vivent sous contrôle israélien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, et des centaines de milliers vivent toujours dans des camps de réfugiés dans les pays voisins. (ap)

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