Actualisé 25.12.2014 à 14:19

Vatican«Il y a beaucoup de larmes en ce Noël»

Le pape a demandé jeudi dans son appel traditionnel de Noël l'arrêt de la «persécution brutale», des massacres et prises d'otages perpétrés du Moyen Orient au Nigeria.

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25.12 Le pape a demandé jeudi dans son appel traditionnel de Noël l'arrêt de la «persécution brutale», des massacres et prises d'otages perpétrés du Moyen Orient au Nigeria.

25.12 Le pape a demandé jeudi dans son appel traditionnel de Noël l'arrêt de la «persécution brutale», des massacres et prises d'otages perpétrés du Moyen Orient au Nigeria.

Keystone/AP/Alessandra Tarantino
25.12 Les chrétiens d'Indonésie ont cléébré Noël comme ici sur l'île de Java.

25.12 Les chrétiens d'Indonésie ont cléébré Noël comme ici sur l'île de Java.

AFP/Juni Kriswanto
Au Pakistan dans une église d'Islamabad, les fidèles se sont réunis.

Au Pakistan dans une église d'Islamabad, les fidèles se sont réunis.

AFP/Aamir Qureshi

Le pape François a dénoncé jeudi la «persécution brutale» que les combattants de l'Etat islamique mènent contre les minorités. Pour ce Noël où «il y a tant de larmes», il a appelé à ne pas se montrer indifférent face aux souffrances dans le monde.

Par un temps couvert et doux, la place Saint-Pierre était noire de monde et la foule, estimée à 100'000 personnes, débordait aux alentours. Paraissant ému et indigné, François y a envoyé son message «urbi et orbi» («à la ville et au monde»), à 1,2 milliard de catholiques, sur fond de guerres et de fondamentalisme religieux.

Il a plaidé pour une fin des conflits qui touchent plusieurs pays africains et a appelé à une reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens. Il a aussi condamné l'attaque des talibans qui ont tué 130 écoliers la semaine passée au Pakistan et a remercié ceux qui luttaient contre l'épidémie de fièvre Ebola.

Etat islamique

S'exprimant sur un ton sévère, le pape a réservé ses paroles les plus dures pour les djihadistes de l'Etat islamique responsables de la mort et de l'exil de musulmans chiites, de chrétiens et d'autres communautés en Syrie et en Irak.

«Je lui demande, au Sauveur du monde, de veiller sur nos frères et nos soeurs en Irak et en Syrie, eux qui depuis si longtemps déjà subissent les effets d'un conflit qui se poursuit, et eux qui ensemble avec ceux qui appartiennent à d'autres groupes ethniques et religieux, souffrent d'une persécution brutale».

Enfants

«Que Noël leur apporte l'espoir, ainsi qu'à ces nombreuses personnes déplacées, ces exilés et réfugiés, les enfants, les adultes et les personnes âgées de cette région et du monde entier».

«Que l'indifférence soit changée en proximité et le rejet en hospitalité, afin que tous ceux qui souffrent puissent recevoir l'aide humanitaire nécessaire afin de surmonter les rigueurs de l'hiver, revenir dans leur pays et vivre avec dignité».

«Je pense également à ces enfants massacrés dans des attaques à la bombe, dont ceux qui se trouvent où naquit le fils de Dieu», a-t-il ajouté sans poursuivre sur le sujet. François a par ailleurs condamné l'avortement, le qualifiant de produit d'une «culture qui n'aime pas la vie».

Tendresse

A la veille de Noël, le pape avait téléphoné à des réfugiés chrétiens vivant dans un camp à Ankaoua en Irak. «Vous êtes comme Jésus la nuit de Noël. Il n'y avait pas de place pour lui non plus», leur a-t-il dit.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, lors de la solennelle «messe de minuit», François avait demandé aux catholiques de réagir aux conflits par «la douceur», et de répondre au «besoin de tendresse» des personnes en difficulté. «Comme le monde a besoin de tendresse aujourd'hui!» s'était exclamé le pape argentin.

Dans son homélie, François a invité les 1,2 milliard de catholiques à ne pas céder à la colère dans leur vie. Il leur a aussi demandé de montrer de l'empathie pour les personnes en difficulté.

Bethléem

Au Moyen-Orient, la fête de Noël était endeuillée par la guerre et l'exode des chrétiens. A Bethléem, ville des territoires palestiniens et lieu de naissance du Christ selon la tradition, le climat de tensions exacerbées a fait fuir les pèlerins.

Ce Noël était en outre particulièrement difficile pour les 150'000 chrétiens déplacés d'Irak. En Syrie, les messes de minuit ont été anticipées dans l'après-midi de mercredi pour réduire les risques de violences.

Ebola

En Sierra Leone, en raison d'Ebola, les rassemblements publics ont été interdits, alors que le confinement de tout le Nord a commencé. Les rassemblements étaient aussi interdits à Conakry, capitale de la Guinée.

En Chine, une métropole de l'est, Wenzhou, connue pour son importante communauté chrétienne, a interdit aux établissements scolaires de célébrer Noël. Il s'agit d'une tradition trop «occidentale», selon le journal «Global Times».

A Cuba en revanche, les célébrations de Noël, longtemps interdites par le régime, se sont déroulées dans une atmosphère égayée par un cadeau anticipé: le rapprochement avec les Etats-Unis. (ats)

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