Gondo (VS): Il y a dix ans: une coulée de boue meurtrière
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Gondo (VS)Il y a dix ans: une coulée de boue meurtrière

Le 14 octobre 2000, une coulée de boue avait emporté un tiers des habitations de Gondo (VS) et tué treize personnes. Le village meurtri tente de vivre à nouveau du tourisme.

le 14 octobre 2000, la coulée de boue avait fait 13 morts et causé d'importants dégâts matériels.

le 14 octobre 2000, la coulée de boue avait fait 13 morts et causé d'importants dégâts matériels.

Une décennie plus tard, le village a fait son deuil. Le souvenir reste, mais ne hante plus les habitants au quotidien.

Enserré dans les gorges de la rivière Divéria, le village a longtemps pu compter sur son poste frontière, avec l'Italie, qui fournissait à la fois emplois et habitants. Mais les employés n'ont plus l'obligation de loger sur place. A part les natifs de l'endroit, ils ne sont plus revenus après la catastrophe.

Exode inévitable

Cet exode aurait eu lieu aussi sans la dramatique coulée de boue de l'an 2000, explique à l'ATS le président de la commune Roland Squaratti. Il aurait peut-être été moins rapide. En dix ans, Gondo a perdu une soixantaine d'habitants. Ils sont désormais une petite centaine, dont quatre enfants.

Et pourtant la commune est économiquement saine. Elle n'a aucune dette, offre 65 places de travail et ses perspectives de développement sont plutôt bonnes grâce à un développement touristique difficilement imaginable il y a dix ans.

L'hôtel du lieu dénombrait une soixantaine de nuitées annuelles avant la catastrophe. Transformée en lieu d'hébergement, la tour Stockalper restaurée en 2007 en affiche fièrement plus de 3000 par an.

La gérante Monika Holzegger est satisfaite. La pitié n'est pas de mise, elle n'en a que faire. Economiste de formation, elle a relevé le défi car cette idéaliste croit au potentiel du lieu.

Loin de tout

L'existence de Gondo ne semble pas menacée. Le village est un lieu de transit important. Près de 100'000 camions, et davantage de voitures, y passent chaque année. La commune peut se reposer financièrement sur des revenus hydro-électriques intéressants.

Le problème le plus important est celui de la distance. Les grands magasins, les écoles supérieures, les lieux d'apprentissage, l'hôpital, tout est loin. Et rien ne pourra jamais résoudre cette situation, même si la mobilité est plus importante que par le passé.

Ancien curé de Simplon-Village et de Gondo, Josef Sarbach se réjouit que le village se porte bien dix ans après. Car les épreuves traversées furent douloureuses. L'oubli n'est pas possible, «c'est devenu une partie de ma vie», explique le curé.

Josef Sarbach retiendra toujours l'énorme élan de solidarité. Simplon-Village avait préparé la salle de gymnastique pour accueillir la population évacuée. Et en début de soirée, il n'y avait déjà plus personne, car tous les habitants de Gondo avaient été accueillis par des connaissances ou de la famille de Simplon- Village, raconte-t-il.

L'espoir toujours

L'espoir n'a jamais disparu et la population a montré son attachement au village à travers les événements quotidiens. Les fêtes religieuses ont toutes été célébrées, et c'était la volonté des paroissiens, explique Josef Sarbach. «Ces fêtes étaient comme les piles d'un pont», elles ont permis de maintenir une continuité et c'était important.

Le curé a aussi été à l'origine d'une célébration commémorative annuelle. L'événement appartient à l'histoire de Gondo, explique-t- il. Et cette célébration va rester, même si la génération suivante en aura un autre souvenir.

Jeudi, cette célébration aura lieu pour la dixième fois, mais sans pompe particulière, précise Roland Squaratti. Un présent est prévu pour le pilote d'hélicoptère qui a évacué les habitants, un geste symbolique pour remercier tous les sauveteurs. Et dans la parois d'où est partie la coulée, treize étoiles seront allumées et le resteront jusqu'à Noël en mémoire des treize victimes. (ats)

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