Affaire Bettencourt: «Il y a eu l'affaire d'Outreau et il y a l'affaire Sarkozy»
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Affaire Bettencourt«Il y a eu l'affaire d'Outreau et il y a l'affaire Sarkozy»

Nadine Morano, ex-ministre UMP de Nicolas Sarkozy, a comparé la mise en examen de l'ancien président de la République à celle qui avait mis à mal les défaillances d'un juge d'instruction.

Nadine Morano s'est en outre dite «interpellée» par le fait que cela arrive juste après la démission de Jérôme Cahuzac. «C'est l'affaire toute entière qui me choque. C'est simple: il y a eu l'affaire d'Outreau avec un magistrat, un juge d'instruction dépassé. (...) Et là nous avons maintenant l'affaire Sarkozy avec un juge engagé», a-t-elle déclaré lors de l'émission «12/13 Dimanche» sur France 3.

Alors qu'on lui faisait remarquer qu'elle établissait un «parallèle entre l'affaire d'Outreau et l'affaire Sarkozy», elle a répondu: «sur l'affaire d'Outreau, il y a eu un juge d'instruction dont on sait bien qu'il a été dépassé par cette affaire, il y a une commission d'enquête à l'Assemblée nationale. Et aujourd'hui, nous sommes face à un juge, disons-le (...) engagé». «Quand vous êtes juge et ne voulez pas qu'on remette en cause votre impartialité, vous ne signez pas des tribunes comme l'a fait le juge Gentil avec certains autres de ses collègues, qui critiquaient la politique engagée par Nicolas Sarkozy», a-t-elle souligné, faisant allusion à une tribune signée en juin par M. Gentil avec 81 autres magistrats.

Selon Mme Morano, «lorsqu'on est magistrat, on doit avoir un devoir de réserve, parce que la politique pénale, la politique judiciaire elle est faite par les élus du peuple, elle n'est pas faite par les juges». Par ailleurs, interrogée sur la démission du gouvernement de Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, elle a affirmé: «je trouve étonnant, ça m'interpelle (...) que l'affaire Nicolas Sarkozy tombe le lendemain de l'affaire de M. Cahuzac qui tout d'un coup est passé aux oubliettes». Elle a par ailleurs jugé que «quand il y a des affaires comme ça ce n'est jamais bon pour personne» et souligné que la droite avait mis en avant la «présomption d'innocence» de M. Cahuzac. (afp)

L'affaire Bettencourt

L'affaire a été déclenchée en juillet 2010 par l'ex-comptable des Bettencourt, qui avait alors déclaré à la police s'être vu réclamer 150 000 euros en liquide par leur ancien homme de confiance, Patrice de Maistre, début 2007. Celui-ci lui avait assuré, selon la comptable, vouloir les donner à l'ancien ministre Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Des membres de l'entourage de la milliardaire ont déclaré avoir vu Nicolas Sarkozy plusieurs fois pendant cette période. Les juges cherchent à établir si M. Sarkozy a commis un abus de faiblesse aux dépens de Mme Bettencourt, alors âgée de 84 ans, en lui demandant de l'argent pour financer sa campagne.

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