Etat islamique: «Il y a quelque chose qui bouge en France»
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Etat islamique«Il y a quelque chose qui bouge en France»

Des militants de Daech auraient quitté la Syrie pour rejoindre la Belgique et la France afin d'y commettre de nouveaux attentats. Un message de Mohamedi Abrini intercepté en prison va dans ce sens.

par
joc
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27.06 Selon le «Sunday Times», Mohamed Abrini est devenu l'informateur de la police britannique.

27.06 Selon le «Sunday Times», Mohamed Abrini est devenu l'informateur de la police britannique.

18.05 Mohamed Abrini, alias «l'homme au chapeau», avait laissé un testament dans lequel il expliquait vouloir mourir en martyr.

18.05 Mohamed Abrini, alias «l'homme au chapeau», avait laissé un testament dans lequel il expliquait vouloir mourir en martyr.

AFP
08.05 Le monde entier a vu le visage de Nidhi Chaphekar, hôtesse de l'air indienne, victime des explosions à l'aéroport de Bruxelles le 22 mars dernier. Enfin guérie, elle se confie.

08.05 Le monde entier a vu le visage de Nidhi Chaphekar, hôtesse de l'air indienne, victime des explosions à l'aéroport de Bruxelles le 22 mars dernier. Enfin guérie, elle se confie.

AFP

Des jihadistes auraient récemment quitté la Syrie pour rejoindre l'Europe et de nouvelles attaques en France et en Belgique seraient imminentes. Le journal belge «La Dernière Heure» a pu se procurer un message d'alerte adressé par la cellule antiterroriste belge à tous les services de police du pays: «Des combattants auraient quitté la Syrie il y a environ une semaine et demie afin de rejoindre l'Europe via la Turquie et la Grèce, en bateau, sans passeport. Ces personnes se sépareraient en deux groupes, l'un pour la Belgique, l'autre pour la France, afin d'aller commettre des attentats par groupe de deux.» La cellule antiterroriste belge cite trois cibles potentielles, sans en préciser la localisation: un centre commercial de Bruxelles, un fast-food et un commissariat ou poste de police.

Un incident survenu à la prison de Beveren (Belgique) vient accréditer la thèse d'un attentat imminent. Le personnel du pénitencier a en effet découvert que Mohamed Abrini, alias «l'homme au chapeau», correspondait avec un autre suspect. Mardi, le codétenu d'Abrini a intercepté un courrier écrit en arabe et a immédiatement prévenu la direction. Sur une feuille A4, l'homme qui a participé aux attentats de Paris et de Bruxelles avait écrit: «Il y a quelque chose qui bouge en France.» D'après «La Dernière Heure», le terroriste se servait d'un autre prisonnier ou d'un surveillant pour faire passer des messages à Marouan El Bali, l'unique survivant de l'assaut de Verviers (Belgique), le 15 janvier 2015.

L'ex de Larossi Abballa se confie

On ignore pour l'heure si Abrini faisait allusion dans son message au meurtre d'un couple de policiers à Magnanville, lundi. Les enquêteurs sont à la recherche d'éventuels complices, rapporte «Le Parisien». Trois hommes de 27, 29 et 44 ans, qui font partie de l'entourage du meurtrier, sont toujours en garde à vue. L'ancienne petite amie de Larossi Abballa s'est confiée à France Info. Elle était restée très proche du jeune homme, qu'elle avait rencontré aux Mureaux et avec qui elle avait vécu une histoire d'amour de cinq ans. «Après moi, il y a eu la religion. Il s'est rapproché de Dieu, il a voulu faire ses prières correctement. Ça ne m'a pas effrayée, parce qu'il était normal», raconte-t-elle.

C'est après sa sortie de prison qu'Abballa a changé, se souvient la jeune femme: «Quand il est sorti de prison, il s'était beaucoup isolé, il préférait prendre ses distances et il avait changé d'amis», explique-t-elle. Après les attentats du 13 novembre 2015, le jeune homme s'était emporté et avait dit à son ex-compagne: «Tu as vu comment les médias parlent de notre religion? Ce ne sont pas de vrais musulmans qui ont fait ça…C'est du n'importe quoi!»

«D'autres innocents perdront leur vie»

La lutte contre le terrorisme est l'affaire d'une génération, a prévenu mercredi le Premier ministre français Manuel Valls sur France Inter. Il estime qu'il faudra dix à vingt ans pour éradiquer la menace du radicalisme islamiste. «D'autres innocents perdront leur vie», a-t-il prévenu deux jours après l'assassinat d'un couple de policiers par un jihadiste présumé. «On peut m'accuser de rendre la société encore plus anxiogène qu'elle ne l'est aujourd'hui (...). Mais malheureusement, c'est cette réalité, c'est l'affaire d'une génération.»

Le Premier ministre français a rejeté toute idée de négligence des forces de l'ordre dans la surveillance du meurtrier, Larossi Abbala, qui avait déjà été condamné et se trouvait sur écoute téléphonique. «Je ne laisserai pas dire qu'il y a eu de la part de nos forces chargées de la lutte contre le terrorisme la moindre négligence ni le moindre manque de discernement», a-t-il dit. Le meurtrier, tué dans l'assaut des forces de l'ordre lors de l'attaque survenue à Magnanville, avait été condamné par le passé. «Il y a toujours un échec quand il y a deux policiers, deux fonctionnaires qui sont assassinés dans ces conditions atroces», a souligné Manuel Valls.

Le placement sur écoute téléphonique d'Abbala «n'a pas permis de détecter un éventuel passage à l'acte», a rappelé le Premier ministre. Il a affirmé que «le passage à l'acte solitaire est (...) le plus difficile à déceler». «Confondre les mesures de surveillance et les mesures d'enfermement est dangereux et affaiblirait la lutte antiterroriste», a-t-il dit. Le Premier ministre a appelé «chacun au sang-froid» et invité les Français à observer une minute de silence, ce mercredi, à la mémoire des policiers tués à Magnanville. (joc/ats)

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