Sacs airbag: «Il y a une vraie prise de conscience chez les riders»
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Sacs airbag«Il y a une vraie prise de conscience chez les riders»

C'est l'équipement indispensable de tous les riders. Depuis le début de l'hiver, les sacs airbag, qui peuvent sauver la vie aux skieurs pris dans une avalanche, se vendent comme des petits pains.

par
Didier Bender

«C'était un jour de ciel bleu pour une session de rêve». Emporté l'hiver dernier par une énorme avalanche, Xavier de Le Rue, snowboardeur professionnel raconte sa mésaventure dans une vidéo postée sur youtube. «J'ai vu cette petite coulée arriver sur moi. Puis la plaque a fait partie tout le reste de la face, et c'est ce qui m'a emporté», raconte le Français, champion du monde freeride 2008. Il ressortira indemne de cet incident. Sa chance: il était équipé d'un sac airbag de la marque ABS. Selon des statistiques, 98% des gens emportés par une coulée de neige ont survécu grâce à ce sac qui se gonfle lorsque le rider tire sur une manette.

Cet hiver, les ventes de ce type d'équipements explosent. «Il y a une vraie prise de conscience», constate Eric Gachet, l'un des patrons de Passe Montagne à Lausanne, Genève et Monthey. Dans leurs magasins spécialisés, il commercialise les sacs à airbag. «On vendait 3-4 sacs de la marque ABS il y a quatre ans. Cet hiver, on a bien dû en écouler une bonne quarantaine», estime le gérant. Sa clientèle? «Ce sont des gens qui ont pris conscience qu'il y a un réel danger à pratiquer le hors-piste. Ils proviennent de la tranche d'âge 30-50 ans et sont «plus raisonnables»».

«Ce qui est meurtrier, c'est l'ensevelissement en grande profondeur, à deux mètres et plus», note Eric Gachet, également guide de montagne. Une personne sur deux ne survit pas. «Avec un sac à airbag, on reste en surface ou le plus près possible de la surface», explique-t-il.

Plus de 1200 francs le sac

Malgré de bonnes statistiques, ce produit a mis du temps à s'imposer dans l'équipement de base d'un rider. Deux raisons expliquent cela: son prix et son poids. «Il faut compter plus de 1100 francs pour la base, avec une cartouche», prévient le commerçant. A cela s'ajoute le prix du sac - de 70 à 200 francs - qui se fixe sur l'armature. Et côté poids, il faut compter presque deux kilos de plus que pour un sac de montagne traditionnel.

L'arrivée récente d'un concurrent – la marque suisse Snowpulse, basée à Verbier – a dopé la demande. «Je savais que la technologie avait évolué, c'est pourquoi je me suis équipé», note Xavier de Le Rue. Comme lui, de nombreux professionnels de la montagne ont investi dans la sécurité.

Plus de 2000 sacs vendus

«L'hiver dernier, nous en avions vendu 200. Cette saison, nous en avons écoulé 2000», confirme Pierre-Yves Guernier, de Snowpulse. «Depuis fin novembre, nous sommes en rupture de stock», explique le responsable technique de la marque suisse. La moitié de sa clientèle est constituée de professionnels. «Chez les professionnels, cela a mis beaucoup de temps avant qu'un tel système ne soit admis. Maintenant, c'est le cas».

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