Actualisé 16.07.2016 à 05:53

Attentats de Nice «Il y avait des enfants partout»

Une jeune mannequin et trois lecteurs suisses étaient à Nice, jeudi soir, lorsqu'un camion a fauché la foule. Contactés, ils témoignent de ce qu'ils ont vécu.

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vro/ofu/dro
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Un détenu suspecté de participation à l'attentat de Nice s'est donné la mort en prison. (Mardi 12 juin 2018)

Un détenu suspecté de participation à l'attentat de Nice s'est donné la mort en prison. (Mardi 12 juin 2018)

AFP
Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a donné une conférence de presse, durant laquelle il a annoncé que les plaintes sur la sécurité de la Promenade des Anglais, provenant de familles de victimes des attentats de Nice, avaient été classées. (Jeudi 19 janvier 2017)

Le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a donné une conférence de presse, durant laquelle il a annoncé que les plaintes sur la sécurité de la Promenade des Anglais, provenant de familles de victimes des attentats de Nice, avaient été classées. (Jeudi 19 janvier 2017)

AFP
Vingt-deux personnes intervenues pendant l'attaque de Nice ont reçu dimanche la Légion d'honneur. (1er janvier 2017)

Vingt-deux personnes intervenues pendant l'attaque de Nice ont reçu dimanche la Légion d'honneur. (1er janvier 2017)

AFP

Plus de huitante personnes, venues assister aux traditionnelles festivités du 14 Juillet sur la très touristique Promenade des Anglais à Nice (F), ont été tuées jeudi soir dans un attentat.

Un Franco-Tunisien, âgé de 31 ans, a foncé dans la foule avec un camion et a écrasé sur une distance de deux kilomètres les personnes se trouvant sur son chemin. Il a pu être abattu par la police.

«Mon père vient nous chercher en voiture depuis la Suisse»

«C'était horrible. J'espère que j'arriverai un jour à oublier ces images. Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit», raconte Lara Jäggi, une jeune mannequin soleuroise de 17 ans. Comme tous les ans, elle passe ses vacances d'été à Nice avec sa famille.

Jeudi soir, elle était au restaurant dans une petite ruelle se situant juste à côté de la Promenade des Anglais: «On était en train de payer lorsque nous avons vu plein de gens arriver en courant. On ne savait plus quoi faire. Une centaine de personnes se sont engouffrées dans la petite rue et ensuite nous avons entendu les coups de feu.» Après être restée un moment couchée au sol, l'ado a voulu s'enfuir avec la foule. «J'ai été bousculée et je suis tombée par terre. J'ai failli me faire piétiner.»

Pour finir, le petit ami de Lara l'a aidée à se relever. Le couple ainsi que la famille de la mannequin s'en sont sortis indemnes. Seule Lara a subi quelques légères blessures. La famille tente désormais de rentrer en Suisse. Mais tous les vols étaient pleins ce vendredi. «Mon père vient nous chercher en voiture depuis la Suisse.»

«Il y avait des enfants partout»

J.-P. a quitté Nice vendredi en début d'après-midi après avoir assisté à la tragédie. «Tout le monde était heureux, raconte le Romand. Il y avait des enfants partout.» Après le feu d'artifice, l'homme a choisi de se rendre à son hôtel pour éviter la pluie qui a commencé à tomber par petites gouttes.

«Alors que nous étions dans une rue parallèle à cent mètres de la Promenade des Anglais, nous avons entendu des bruits sourds, raconte-t-il. Nous nous sommes retournés et avons vu un mouvement de foule immense arriver sur nous. Nous avons couru pendant que des gens se faisaient piétiner. Imaginez 10'000 personnes s'enfiler et chercher refuge dans les ruelles! C'était impressionnant. C'était de la folie.»

Les gens sursautent au moindre bruit

Dans la confusion, notre lecteur est allé se réfugier dans l'arrière salle d'un restaurant. «Environ 2 minutes plus tard nous sommes sortis et nous avons vu une scène de guerre dans la rue. C'était incroyable! A cause du mouvement de foule, tout était détruit! Tables, assiettes, devantures de magasins. Tout.»

Le Romand évoque des gens qui étaient à terre après avoir été piétinés. «Beaucoup d'affaires personnelles jonchaient le sol», précise-t-il.

La situation actuelle est très tendue. Beaucoup de gens pleurent et sursautent au moindre bruit de sirène des pompiers ou de la police, selon le lecteur. La ville est fantomatique. «Nous avons préféré quitter Nice et rentrer chez nous car vendredi matin des corps recouverts de draps blancs jonchaient encore la Promenade des Anglais.»

«J'ai vu des gens s'enfuir»

L.*, un de nos lecteurs domicilié à Zurich, était aussi sur place au moment des faits. Il se trouve actuellement dans la ville française pour un séjour linguistique. Comme les autres personnes à Nice, il avait fait le déplacement sur la Promenade des Anglais pour voir le feu d'artifice.

«Je me suis éloigné de la foule juste après les feux lorsque j'ai soudainement entendu des cris. J'ai vu des gens s'enfuir à toute allure», se souvient L., qui affirme avoir entendu le camion sans pour autant l'avoir aperçu. «Je me suis réfugié dans un immeuble avec mes amis. Pour finir, un habitant de l'immeuble nous a sorti de la zone de danger avec sa voiture.» Malgré ce qui s'est passé, L. ne veut pas rentrer en Suisse: «Notre école est un peu en dehors de Nice, loin du centre. Je reste ici.

«Tout le monde a pensé aux attentats de Paris»

Jonathan R., un étudiant suisse, était lui aussi sur la promenade des Anglais jeudi soir. Il l'avait cependant quittée 5 minutes avant l'attentat: «Notre soif nous a sauvés. Ma copine et moi sommes allés dans une petite ruelle parallèle et avons commandé quelque chose à boire dans un bar.» Il ajoute: «Soudainement, une masse de gens s'est approchée de nous. Nous avons commencé à avoir peur. Je me suis retranché dans la cuisine du bar. Ma copine, elle, s'est cachée derrière des meubles. Tout le monde a pensé aux attentats de Paris et aux coups de feu dans les bars.»

Après quelques minutes, la situation s'est un peu calmée et les gens ont commencé à sortir de l'établissement, raconte le jeune Alémanique de 26 ans.

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