Basketball - «Ilias Papatheodorou cochait pas mal de cases»

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Basketball«Ilias Papatheodorou cochait pas mal de cases»

Erik Lehmann, directeur technique de Swiss Basketball, explique comment le technicien grec est arrivé à la tête de la sélection helvétique.

par
Brice Cheneval
Ilias Papatheodorou (au centre) du temps où il entraînait le PAOK Salonique.

Ilias Papatheodorou (au centre) du temps où il entraînait le PAOK Salonique.

DR

Erik Lehmann, comment avez-vous procédé dans votre recherche de nouveau sélectionneur?

Tout d’abord, on est devenu une sélection très «bankable», parce que notre équipe progresse et que de plus en plus d’entraîneurs de clubs apprécient travailler durant les fenêtres internationales. Pour ce qui est du processus de recrutement, nous avons simplement posté une offre d’emploi, nous n’avons contacté personne. Ilias a postulé, comme tous les autres. On a reçu entre 50 et 70 candidatures, dont certaines plus ou moins farfelues. Puis on a dressé une short-list de 7 ou 8 noms, avec qui on a réalisé des entretiens poussés.

Quels étaient vos critères?

La condition sine qua non, c’est qu’on souhaitait un coach de club qui ne travaille pas en Suisse et possède l’expérience d’une sélection nationale. Ilias cochait pas mal de cases (ndlr: finaliste de la Ligue des champions 2020 à la tête de l’AEK Athènes et assistant en équipe de Grèce, il a également dirigé les Grecs champions d’Europe M18 en 2015 et M20 en 2017). C’est un jeune coach de renom qui monte dans le basket grec.

Que connaissiez-vous de lui à ce moment-là?

Pour être honnête, je ne le connaissais pas du tout au début. Puis je me suis souvenu qu’il avait dirigé un match à Fribourg lorsqu’il entraînait le PAOK Salonique, lors de la saison 2018-2019. J’étais dans la salle ce soir-là, et je me suis rappelé que son équipe avait très bien joué. Quand son nom est apparu parmi les candidatures, on en a parlé avec Andrej Stimac (ndlr: ex-assistant de Petar Aleksic à FR Olympic). Il se souvenait aussi très bien de ce match et m’a dit qu’il avait été vraiment séduit par le jeu de son PAOK.

Qu’est-ce qui a fait pencher la balance en sa faveur?

Ses équipes jouent très bien au basket, avec un gros engagement physique. Nos joueurs vont transpirer (sourire). On devrait jouer avec beaucoup d’intensité. En fait, il est adepte d’un basket moderne, avec de l’agressivité offensive, un positionnement très haut sur les lignes de passes… Plein d’autres entraîneurs ont ce profil-là, mais lors de notre entretien, on s’est rendu compte qu’il avait déjà une très bonne connaissance de notre basket. On l’a senti motivé de faire un bout de chemin avec nous.

«On s’est rendu compte qu’il avait déjà une très bonne connaissance de notre basket. On l’a senti motivé de faire un bout de chemin avec nous»

Erik Lehmann, directeur technique de Swiss Basketball
Erik Lehmann.

Erik Lehmann.

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Pour une équipe comme la Suisse, qui cherche à développer de jeunes talents, est-ce que les expériences remarquées d’Ilias Papatheodorou avec les M18 et M20 de la Grèce ont été un atout particulier?

Oui, clairement. On a pas mal de joueurs prometteurs qui vont rejoindre les A dans les années à venir. Il y a ce qu’il a accompli avec les jeunes, d’une part, et le fait qu’avec lui, il n’y a pas de passe-droits. Ilias donne sa chance à tout le monde.

Plusieurs sources indiquent qu’en parallèle de la sélection suisse, Ilias Papatheodorou souhaite retrouver le banc d’un club, lui qui est sans poste depuis son départ de l’AEK Athènes il y a quelques mois. Qu’en est-il?

Effectivement, il devrait également prendre un club et c’est un choix avec lequel on est totalement en accord. C’est même indispensable: ce n’est pas avec sa seule activité de sélectionneur de la Suisse qu’il va pouvoir vivre.

Est-il envisageable de le voir entraîner en Swiss Basketball League?

Avec tout le respect que j’ai pour eux, Ilias est surdimensionné pour nos clubs. Ce n’est pas une option. Il est davantage calibré pour exercer dans des championnats majeurs en Europe.

«Même avec Gianluca Barilari, on avait déjà des objectifs élevés. L’arrivée d’Ilias ne modifie rien en cela»

Erik Lehmann, directeur technique de Swiss Basketball

Un mot sur la composition de son staff. S’il connaît bien Dimitris Menoudakos, Ilias Papatheodorou va devoir apprendre à travailler avec Patrick Pembele (second assistant), Louis Chavanton (préparateur physique) et Paolo Di Gloria (Team Manager). Était-ce une volonté de votre part ou un choix contraint par des limitations financières?

C’était voulu. Ce genre d’entraîneurs vient systématiquement avec au moins un assistant et c’est tout à fait normal. D’où la venue de Dimitris Menoudakos. Pour le reste, dans toutes les discussions, on a toujours eu l’idée de compter dans le staff un coach suisse. Déjà parce qu’on est désireux de promouvoir des techniciens de notre pays et c’est important de s’appuyer sur un coach qui connaît les joueurs ainsi que leur environnement. On est très contents d’avoir finalisé un accord avec Patrick (ndlr: Pembele, l’entraîneur du BBC Monthey), car c’est un jeune coach suisse qui monte.

Vous avez fixé l’objectif d’aller le plus loin possible dans les qualifications pour la Coupe du monde 2023 et, surtout, de participer à l’Euro 2025. Est-ce que l’arrivée d’un sélectionneur de la dimension d’Ilias Papatheodorou rehausse vos attentes?

Pas spécialement, car même avec Gianluca Barilari (ndlr: le précédent sélectionneur), on avait déjà des objectifs élevés. L’arrivée d’Ilias ne modifie rien en cela, on va continuer à suivre la voie qu’on imagine. Après, les coaches sont sur le banc et les joueurs sur le terrain, donc ce sera aussi à eux d’élever leur niveau.

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