France: Ils abattent des arbres classés par l'Unesco
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FranceIls abattent des arbres classés par l'Unesco

Des ouvriers forestiers qui ont manifesté lundi à Nancy ont abattu, sous le coup de la colère, six tilleuls centenaires sur une place classée au patrimoine mondial. Les syndicats déplorent «un dérapage».

Quelque 400 forestiers ont manifesté lundi à Nancy. En colère contre des CRS, ils ont abattu des arbres. (France 3 lorraine)

Quelque 400 forestiers ont manifesté lundi à Nancy. En colère contre des CRS, ils ont abattu des arbres. (France 3 lorraine)

«Il y a eu une bousculade pendant la manifestation. Les CRS ont alors employé des gaz ultra-puissants. Plusieurs salariés ont eu les yeux brûlés. Un ouvrier a monté sa tronçonneuse et cela ne lui a pris que quelques minutes pour couper les six arbres», a raconté Frédéric Chiny (CFDT) porte-parole d'une intersyndicale CFDT, CGT et FO.

«C'est un acte impulsif, un acte de rage», a souligné le syndicaliste qui a dit comprendre la colère des habitants de Nancy devant l'abattage de ces six tilleuls centenaires, plantés sur la Place d'Alliance faisant partie d'un ensemble urbain inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1983. Une vidéo de l'abattage des tilleuls peut être vue sur le site de France 3 Lorraine.

«Des actes inqualifiables et incompréhensibles»

Pour autant, l'intersyndicale CFDT, CGT et FO a rejeté sur la direction de l'Office national des Forêts (ONF) toute la responsabilité de ce dérapage. Le préfet du département, Raphaël Bartolt, a condamné ces actes inqualifiables et incompréhensibles et le maire de Nancy, André Rossinot (PR), s'est dit profondément atterré par cet acte révoltant. Mardi, le directeur de l'ONF, Pascal Viné, s'est rendu sur place et assuré que l'office allait prendre en charge le nettoyage et le replantage des tilleuls tronçonnés.

D'autre part, il a précisé qu'un véritable travail allait être fait sur la pénibilité du métier d'ouvrier et qu'il allait tout faire pour assurer le maintien de l'activité. Les syndicats réclament des augmentations de salaire et le maintien du départ à la retraite à 55 ans face à la pénibilité et la dangerosité de leur activité.

Des bûcherons se suicident dans l'indifférence

«Il y a des bûcherons qui meurent sous les arbres, on n'a jamais vu le directeur de l'ONF a un enterrement», a regretté Frédéric Chiny. Les syndicats demandent également l'arrêt des suppressions de postes avec une embauche pour un départ. 600 postes doivent être supprimés entre 2012-2016. L'ONF compte 9500 salariés dont environ 3000 ouvriers forestiers à statuts contractuels.

Depuis 2005, selon Frédéric Chiny, l'ONF a recensé 27 suicides, dont le dernier, celui d'un ouvrier dans le Morbihan en novembre 2011, le sixième en six mois. Un comité central d'établissement doit se tenir le 27 mars à Paris. (afp)

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