Bellinzone (TI): Ils comparaissent pour propagande terroriste
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Bellinzone (TI)Ils comparaissent pour propagande terroriste

Les procès de deux frères kurdes d'Irak a débuté lundi en milieu de journée à Bellinzone. Le Tribunal pénal fédéral (TPF) les accuse de propagande terroriste sur Internet. Le procès doit durer deux jours et le verdict est attendu vendredi.

En début de séance, la défense a affirmé qu'il n'existe pas de soupçon suffisant à l'encontre de l'accusé principal, aujourd'hui âgé de 35 ans. Les avocats des prévenus ont fondé leur argumentation sur un rapport des services de renseignement.

Ce document a conduit, selon eux, à renforcer la surveillance du principal accusé, avant qu'il soit interpellé en 2008. Du point de vue de la défense, cette interpellation est inadmissible.

Le juge pénal Peter Popp a rejeté cette requête. Il soutient l'avis du Ministère public de la Confédération, selon lequel ce rapport a fourni une raison suffisante pour une suspicion initiale. La plupart des allégations contre le principal accusé se sont d'ailleurs vues confirmées par la suite.

Services de renseignement

Avocat du principal accusé, Thomas Wenger a souligné que son client a autrefois été contacté par les services de renseignement. Il aurait alors dû travailler pour eux comme informateur secret, ce qu'il avait refusé. L'accusé a ressenti la procédure pénale comme la conséquence de ce refus.

Les deux inculpés étaient présents en tant qu'accusés libres. Vêtus de façon élégante, ils sont restés discrets durant l'audience. Aux questions initiales de la cour, ils ont répondu rapidement. Lorsque les questions ont abordé des situations complexes, ils ont répondu via un interprète.

Une «vie détruite»

Le principal accusé vit à Bâle. Selon lui, la procédure en cours a détruit sa vie. Il a dû interrompre ses études. Par ailleurs, a-t-il expliqué, de la parenté a été arrêtée et harcelée lors d'un voyage dans le nord de l'Irak en raison des activités des services de renseignement.

Les prévenus sont deux frères kurdes d'Irak. La justice les accuse de faire partie d'une organisation rattachée au réseau islamiste Al-Qaïda. Les suspects auraient propagé de la propagande terroriste sur Internet depuis Bâle.

Asile en Suisse

Les deux frères sont au bénéfice de l'asile en Suisse. Ils ont soutenu activement un nouveau mouvement salafiste-jihadiste affilié à Al-Qaïda entre 2003 et 2008, présent dans toute l'Europe, affirme le TPF dans son acte d'accusation.

Les prévenus ont travaillé sous la direction de Najmuddin Faraj Ahmad, alias Mullah Krekar, fondateur et ancien dirigeant de l'organisation terroriste Ansar al Islam. Le frère aîné a cofondé l'organisation «Centre Didi Nwe département étranger», créée en 2003, soutient le tribunal.

La structure exploitait plusieurs plates-formes Internet pour la diffusion, à titre de propagande, d'attaques terroristes et de messages du réseau. Elle maintenait également sur le web des salons virtuels de discussion, ainsi que des forums pour sympathisants potentiels et actifs. (ats)

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