Actualisé 21.07.2014 à 15:12

Saint-Gall

Ils désertent une crèche après des soupçons d'abus

Le stagiaire d'une crèche saint-galloise a été licencié après avoir été accusé d'abus sexuel sur une fillette. Ses collègues masculins ont démissionné par peur de subir le même sort.

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tso/ofu

Les accusations de Cindy*, 4 ans, ont eu de graves conséquences pour le stagiaire, 16 ans, d'une crèche de Saint-Gall. L'affaire a même poussé les employés masculins de l'établissement à démissionner volontairement, rapportait dimanche la «Ostschweiz am Sonntag».

Selon le dominical, la fillette a raconté à sa mère que l'adolescent l'avait agressée sexuellement avec des jouets. La maman a pris les déclarations de sa petite très au sérieux, notamment parce que Cindy lui aurait déjà parlé à plusieurs reprises d'un collaborateur masculin. Elle aurait aussi mentionné un pénis. La Saint-Galloise a alors demandé à sa fille de lui montrer l'homme qui lui avait fait ça. Cindy aurait désigné du doigt le jeune stagiaire. Celui-ci a été arrêté peu de temps après. Son téléphone portable et son ordinateur ont également été saisis.

Peur de subir des accusations

Interrogée par la procureure des mineurs, Cindy n'a plus jamais été en mesure de répéter son histoire. De nombreuses questions sont par ailleurs restées sans réponse. Egalement entendue par la procureure, la grande s½ur de la fillette a affirmé que le stagiaire n'avait jamais eu de gestes déplacés à son égard et qu'il ne lui avait jamais montré son pénis. Elle a également assuré que sa s½ur mentait. L'enquête a donc finalement été classée par manque de preuves. Malgré cela, la direction de la crèche a licencié l'adolescent. Ses anciens collègues masculins ont eux décidé de démissionner, de peur de subir d'autres accusations, écrit «Ostschweiz am Sonntag».

Le jeune travaille actuellement dans une jardinerie. En août, il commencera un apprentissage d'installateur sanitaire. Même si l'affaire a été classée, l'ado risque encore une procédure pour possession d'armes illégales. En perquisitionnant son domicile, les agents de police avaient en effet trouvé une arme japonaise interdite en Suisse.

Contactée, la fédération suisse pour l'accueil de jour de l'enfant, Kibesuisse, confirme que les hommes sont souvent suspectés d'être des agresseurs sexuels potentiels. «C'est vraiment dommage parce qu'une équipe composée d'hommes et de femmes est idéale pour les enfants», raconte la co-directrice de Kibesuisse, Nadine Hoch. «La situation est d'autant plus problématique dans la mesure où il y a déjà très peu d'hommes dans ce genre de professions. Cette suspicion constante envers les employés masculins est, à mon avis, un des facteurs - outre le bas salaire ou encore le faible potentiel à faire carrière - qui fait que peu d'hommes s'intéressent à ce type de métier.»

* Prénom d'emprunt

Réactions en cas de soupçon d'abus sexuels

Kibesuisse, la fédération suisse pour l'accueil de jour de l'enfant, conseille - en cas de soupçon d'abus sexuels - d'informer la direction de l'établissement. Selon la fédération, cette démarche n'a rien d'assimilable à une dénonciation, mais relève de l'engagement en faveur des droits et du bien-être des enfants et des jeunes qui ont été les victimes d'abus sexuels.

En principe, il incombe à la direction de prendre contact avec des services spécialisés et les autorités et de planifier les étapes suivantes. On évitera d'aborder le problème frontalement aussi bien avec les personnes accusées qu'avec l'enfant désigné comme la victime, rappelle Kiebesuisse.

Davantage d'informations concernant l'attitude que les professionnels doivent adopter lors des changements de couches, du bain à donner aux petits ou lorsqu'ils touchent les enfants se retrouvent sur le site de Kibesuisse.

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