Ils jouent à la bourse depuis leur frigo
Actualisé

Ils jouent à la bourse depuis leur frigo

La première banque de Suisse gère l'argent des morts.

UBS s'occupe du capital d'une fondation basée au Liechtenstein qui permet aux candidats à la cryogénisation de se léguer leur propre fortune. Aux Etats-Unis, plus de mille personnes seraient prêtes à être congelées après leur décès pour se donner une chance de revenir un jour à la vie – et, si possible, riches. Facture du frigo à cadavres:

150 000 dollars pour le corps, 80 000 pour la tête. La médecine est censée trouver la formule pour les ressusciter.

The Reanimation Foundation permet aux candidats à la cryogénisation de financer leur nouvelle vie après leur résurrection présumée.

Les adeptes de la cryogénisation peuvent même se léguer leur propre fortune au travers de The Reanimation Foundation, basée au Liechstenstein, qui n'interdirait pas à un mort de posséder des biens. C'est UBS, à Zurich, qui gère ces fonds, explique «Nouvo», un magazine de la TSR.

Aux Etats-Unis, pour financer leur nouvelle vie après leur résurrection, une douzaine de millionnaires ont créé des trusts à durée indéterminée, autorisés déjà dans vingt Etats. Selon le Wall Street Journal, le multimillionnaire Kenneth Weiss négocie avec une banque suisse pour cacher ainsi son magot à l'étranger.

En Suisse, la loi ne prévoit ni l'immortalité ni le retour à la vie. «La mort est considérée comme irréversible», confie Dominique Manaï-Wehrli, professeur de droit à Genève. Dès le constat du décès, la succession est ouverte. «Seule possibilité: faire un don à une fondation destinée à venir en aide aux ressuscités, avance Suzette Sandoz, spécialiste du droit des successions, à Lausanne. Mais un tel but pourrait être considéré comme impossible et la fondation dissoute. En Suisse, il est illicite de geler un patrimoine pendant une durée indéterminée.»

Giuseppe Melillo

Ton opinion