Bâle: Ils lancent une initiative parodique contre l'UDC
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BâleIls lancent une initiative parodique contre l'UDC

L'initiative «pour le renvoi des criminels de sexe masculin» reprend le contenu de celle dite de «mise en oeuvre» sur le renvoi des criminels étrangers. Histoire de se moquer de l'UDC.

Les criminels masculins doivent être renvoyés, qu'ils soient suisses ou étrangers: un groupe de Bâlois a lancé mardi cette initiative parodique pour dénoncer le «racisme» de l'UDC et le manque de respect du parti envers l'Etat de droit. Le texte est paru mardi dans la «Feuille fédérale».

L'initiative «pour le renvoi des criminels de sexe masculin» reprend quasiment mot pour mot le contenu de celle dite de «mise en oeuvre» sur le renvoi des criminels étrangers. Elle ne mentionne pas les délits liés aux drogues, car ces dernières doivent être légalisées, selon les initiants.

Mais surtout, la parodie remplace «étranger et étrangère» par «personne de sexe masculin». Les membres du comité entendent ainsi répondre par l'absurde aux arguments de l'UDC qui stigmatise les étrangers en utilisant les statistiques de la criminalité. Dans les faits, 84% des infractions pénales et 93% des infractions violentes graves sont commises par des hommes.

Débat sur l'Etat de droit

Les initiants, dont certains se sont aussi fait connaître avec le groupe Freitstaat unteres Klein-Basel F-U-K (Etat libre du bas Petit-Bâle), veulent dénoncer le racisme latent qui prévaut en Suisse ainsi que les «mécanismes scandaleux» utilisés par les partis populistes de droite. Autre ambition: lancer une discussion sur les initiatives ne respectant pas les principes de l'Etat de droit.

Cette dernière question occupe déjà les parlementaires à Berne. Si l'initiative «pour le renvoi des criminels de sexe masculin» devait réellement aboutir (les 100'000 signatures doivent être déposées d'ici au 18 mai 2016), les autorités pourront se prononcer sur sa validité. La Chancellerie fédérale n'a procédé pour l'instant qu'à un contrôle formel.

Initiatives de l'UDC

L'initiative sur le renvoi des criminels étrangers a déjà donné du fil à retordre aux parlementaires. Certains ont voulu miser sur un contre-projet mais le peuple a accepté le texte de l'UDC en 2010. Fâché que ses propositions pour l'appliquer ne soient pas retenues, le parti a ensuite déposé une deuxième initiative dite «de mise en oeuvre».

Nouveau casse-tête pour les autorités. Le Conseil fédéral et le National veulent invalider partiellement la deuxième initiative. La disposition limitant les normes impératives du droit international devrait être biffée. Le Conseil des Etats se prononcera durant la session d'hiver. Certains de ses membres aimeraient aller jusqu'à déclarer nulle toute l'initiative.

La loi d'application de la première initiative divise aussi les esprits. Le National s'est prononcé pour une variante qui reprend presque à la lettre les propositions de l'UDC. La commission du Conseil des Etats ne veut pas s'y plier. Rejetant aussi le modèle développé par le Conseil fédéral, elle a opté pour un nouveau concept, sans expulsions automatiques. (ats)

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