Actualisé 31.10.2013 à 17:35

SalvadorIls menaçaient les gens depuis leur cellule

Trois détenus d'une prison du Salvador ont passé 11'209 coups de téléphone en un mois pour menacer et extorquer de l'argent à des personnes à l'extérieur.

«Un des prisonniers a effectué en un mois 4909 appels. Il en a passé 4345 et reçu 564, soit une moyenne de 13 heures par jour et une facture de téléphone (portable) de 2755 dollars», a expliqué lors d'une conférence de presse mercredi le ministre Ricardo Perdomo.

Les téléphones portables pré-payés sont rechargés depuis l'extérieur par des complices ou des proches, avec l'argent provenant des extorsions. Deux autres détenus ont passé respectivement 3500 et 2800 appels sur la même période.

Tous trois sont incarcérés dans la prison de La Esperanza (L'espoir), située au nord de la capitale San Salvador, et où se trouvent 5200 détenus pour 1200 places. Tous trois seront transférés dans un centre de haute sécurité à Zacatecoluca, à 60 km au sud-est de la capitale.

Préoccupation

«Ceci nous préoccupe sérieusement», a ajouté le ministre. Ces découvertes sont le fruit «d'une enquête, des inspections» dans la prison, selon le ministre, qui venait de recevoir un don de 2,5 millions de dollars en matériel de surveillance (caméras, rayons X, etc.) des mains de l'ambassadrice des Etats-Unis, Mari Carmen Aponte.

Selon les services de renseignements de la police, cités par le ministre, 3000 téléphones portables utilisés pour commettre des infractions ont été recensés au cours de l'année dans les prisons du Salvador.

On estime à 30'000 le nombre de portables utilisés pour pratiquer des extorsions sous la menace. Afin de lutter contre cette forme de délinquance, le ministre a demandé aux compagnies de téléphonie mobile de «limiter» les signaux aux abords de prisons.

Avec 8500 places, le Salvador compte 27'000 détenus pour sept millions d'habitants. Longtemps un des pays les plus violents du monde, le Salvador enregistre selon les autorités depuis l'année dernière une importante baisse du nombre d'homicides grâce à une trêve scellée entre les deux principales bandes criminelles (pandillas) du pays. (ats)

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