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Affaire Kadhafi«Ils ont été kidnappés»

Après avoir gardé jusqu'ici le silence, l'épouse de l'un des deux otages suisses retenus en Libye s'est exprimée sur la situation de son mari.

par
mac/mst

Burna H., épouse de l'otage suisse d'origine tunisienne retenu depuis plus d'une année en Libye, a déclaré qu'elle n'avait plus de nouvelles de son mari depuis le jour où le gouvernement libyen avait convoqué les deux Suisses pour un soi-disant dernier contrôle médical. C'était à la fin septembre.

«Ils ont été kidnappés! Ils ont été convoqués à la visite médicale et y sont allés. Et on en a profité pour les kidnapper», a déclaré Bruna H. lors du journal télévisé de la TSR.

«Je n'ai aucun moyen de me mettre en contact avec lui. Je ne sais absolument pas où il est. Ils (en parlant de otages) peuvent être morts, assassinés, torturés. Ou ils peuvent être en bonne santé, je n'en sais rien. Je suis dans le désespoir le plus total», a-t-elle encore ajouté.

«Il n'y a pas d'humanité» de la part du régime libyen, s'est-elle révoltée. «Un tel mépris de la liberté n'est pas possible. Au nom de quel honneur bafoué peut-on faire ça?»

Bruna H. affirme craindre l'état de santé de son mari, tant au niveau physique que psychologique.

Bien qu'elle accorde toute sa confiance au Conseil fédéral, elle estime qu'il faut désormais mobiliser l'opinion publique.

Rompre les relations diplomatiques ?

Le délai prévu par l'accord signé le 20 août par le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz en vue d'une normalisation des relations entre la Suisse et la Libye est arrivé à échéance mardi 20 octobre.

Un certain flou régnait toutefois mardi concernant cette fameuse date-butoir. Selon Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM), les Libyens n'ont «pas la même lecture». «Le 20 octobre n'est pas une date sacrée pour eux», a-t-il expliqué, relevant que cette échéance «est extensible» aux yeux de Tripoli.

La libération des deux Suisses n'est pas mentionnée explicitement dans l'accord signé par M. Merz qui prévoit notamment la mise sur pied d'un tribunal arbitral. Toutefois, Berne considère leur relaxe comme entrant dans le cadre de la normalisation des relations bilatérales.

Alors que tous les regards sont désormais tournés vers le Conseil fédéral, le conseiller national Ulrich Schlüer (UDC/ZH) a réitéré mardi son exigence d'une rupture des relations diplomatiques avec la Libye. S'exprimant sur les ondes de la Radio suisse romande (RSR), il a souhaité que les intérêts de la Confédération dans ce pays soient représentés par les Etats-Unis.

Une option rejetée par M. Müller ainsi que par des experts, dont la professeure de droit international à l'Université de Zurich, Hellen Keller. «Si nous voulons sortir les deux Suisses par la voie diplomatique, il faut éviter de jeter de l'huile sur le feu», a-t- elle déclaré sur les ondes de la radio alémanique DRS.

(mac/mst/ats)

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