Turquie: «Ils ont fait exploser le bateau des migrants»
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Turquie«Ils ont fait exploser le bateau des migrants»

Vidéo à l'appui, des pêcheurs turcs accusent des gardes-côtes grecs d'avoir provoqué le naufrage d'un canot de migrants syriens en crevant leur embarcation.

par
joc

Un bateau pneumatique avec 50 migrants syriens à son bord a fait naufrage il y a quelques jours près d'une embarcation de gardes-côtes grecs. Les réfugiés se situaient alors entre la côte turque et l'archipel du Dodécanèse. Des pêcheurs locaux ont pu leur venir en aide, non sans avoir filmé la scène. Aujourd'hui, ils accusent la vedette grecque d'avoir provoqué le chavirage du canot en le crevant.

La vidéo, publiée par le média turc «Hürriyet», montre les gardes-côtes grecs s'approcher du bateau des migrants, qui dépasse à peine de l'eau tant il est chargé. Le moment de l'impact entre les deux embarcations n'est pas visible sur les images, mais le témoignage des pêcheurs turcs accable les agents grecs: «Ils ont fait exploser le bateau. Ils avaient quelque chose comme une lance à la main, ils ont coulé le bateau», ont-ils affirmé. France Info parle d'une «longue perche piquée dans le boudin du canot qui se dégonfle».

50'000 migrants en juillet

Les passagers se retrouvent à l'eau et craignent d'être attaqués, mais les gardes-côtes s'éloignent rapidement. Les migrants parlent arabe et crient à l'aide. Les pêcheurs portent alors secours aux femmes et aux enfants avant d'appeler les gardes-côtes turcs en renfort. Aucune victime n'est à déplorer.

Selon les chiffres du bureau du Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU à Athènes, 50'000 migrants ont débarqué en juillet sur les îles grecques de la mer Egée, contre 6000 un an plus tôt. Eligible à une aide de 30 millions d'euros de la part de Bruxelles dès qu'elle en aura fait la demande formelle, la Grèce va pouvoir envoyer 16'000 réfugiés vers d'autres pays européens en vertu d'un accord a minima sur la réinstallation trouvé le 20 juillet, a expliqué M. Avramopoulos. Associée à l'accord de Dublin, la Suisse participera à cet effort en accueillant 519 réfugiés.

«La pire crise de réfugiés» depuis 1945

De son côté, le Commissaire européen à l'Immigration a expliqué vendredi que le monde «la pire crise de réfugiés depuis la Seconde guerre mondiale». L'Europe, dont plusieurs pays sont débordés, doit les accueillir d'une façon «décente» et «civilisée».

L'Europe «a du mal à gérer les importants afflux de personnes cherchant refuge dans nos frontières», a constaté le commissaire Dimitris Avramopoulos devant la presse à Bruxelles. «Ce sont des êtres humains, des gens désespérés. Ils ont besoin de notre aide et de notre soutien», a-t-il plaidé.

L'Union européenne s'est notamment construite sur le principe de «solidarité avec ceux qui sont dans le besoin», a-t-il ajouté. M. Avramopoulos a rencontré jeudi à Athènes les ministres grecs de l'Immigration et de l'Intérieur, des responsables et le maire de l'île de Kos, où l'afflux de réfugiés syriens et afghans et le manque d'installations pour les accueillir ont provoqué des tensions ces derniers jours. (joc/ats/afp)

La Hongrie sur la «ligne de front»

Le commissaire européen a par ailleurs l'intention de se rendre prochainement en Turquie, d'où partent les migrants gagnant chaque jour par centaines les côtes des îles grecques de la mer Egée. Il se rendra aussi «dans les jours à venir» à Calais (France), où des centaines de migrants souhaitant rejoindre la Grande-Bretagne tentent chaque nuit de s'introduire sur le site d'Eurotunnel.

Le commissaire a par ailleurs reconnu que la Hongrie «rejoint les pays les plus exposés, de la ligne de front», que sont la Grèce et l'Italie. La route des Balkans est de plus en plus empruntée depuis quelques mois par les candidats à l'asile de Syrie et d'Afghanistan. La Hongrie a reçu 35'000 demandes d'asile pour le seul mois de juillet, a rappelé Dimitris Avramopoulos.

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