Genève: Ils ont terminé leur slow inachevé... vingt ans après
Actualisé

GenèveIls ont terminé leur slow inachevé... vingt ans après

En couple depuis six mois, une Genevoise et un Français ont réalisé qu'ils avaient déjà passé une soirée ensemble quand ils avaient 13 ans.

par
Joëlle Charrey

L'histoire de Spencer et Amy a touché des centaines de milliers d'internautes, la semaine dernière. Les deux Américains, qui avaient fait connaissance sur le web, avaient en effet réalisé un an après leur rencontre qu'ils s'étaient déjà connus, et aimés, à la garderie. Soit trente ans plus tôt. Après que «20 minutes» a relayé ce joli coup du destin, le téléphone de Natacha, une Genevoise de 33 ans, a sonné plusieurs fois. Son entourage était en effet amusé par la ressemblance entre la trajectoire de ce couple d'Américains et la sienne.

Il faut dire que l'histoire de Natacha et de son compagnon Raphaël est, elle aussi, digne d'un bon film romantique. En mai 2015, la jeune femme fait la connaissance d'un charmant jeune homme grâce à un site de rencontres. «Le courant est passé tout de suite entre nous. Il y avait quelque chose de différent chez lui. Tout était naturel chez lui», nous raconte la jeune femme, assistante marketing dans une grande entreprise genevoise.

Une salle des fêtes pleine de souvenirs

Le coup de foudre est immédiat. Sur la même longueur d'onde, les deux tourtereaux ne se lâchent plus d'une semelle et décident très rapidement d'habiter ensemble. Une journée d'octobre, Natacha et Raphaël, 33 ans également, rentrent d'une balade et passent devant la salle des fêtes du petit village de Loisin, en France voisine. Un endroit que la trentenaire n'a jamais oublié: «Je raconte à mon chéri que quand j'avais 13 ans, j'avais fêté Nouvel-An dans cette salle. J'y avais rencontré un garçon de mon âge qui s'appelait Raphaël. J'avais eu un gros coup de coeur pour lui», confie la Genevoise.

Durant cette fameuse soirée, Natacha était en effet complètement tombée sous son charme. Celle qui n'était encore qu'une toute jeune adolescente avait alors eu la chance de partager un slow avec son prince charmant. «Mais nous n'avions pas pu le terminer, car la soirée s'achevait», regrette Natacha. Après cette rencontre magique, elle rêvait de retrouver Raphaël, mais cela n'était jamais arrivé. «Eh oui! les portables n'existaient pas encore», sourit la Genevoise.

«C'était bien lui et c'était bien moi»

Retour en octobre 2015. Le récit de Natacha résonne en Raphaël et lui rappelle des souvenirs. Lui aussi a fêté la nouvelle année à cet endroit-là étant plus jeune, et lui aussi a fait une rencontre qui l'a marqué. Lui aussi avait espéré recroiser un jour cette fameuse demoiselle, mais en vain. «Il se souvenait même de la chanson, celle du film «Robin des Bois»», détaille Natacha. Enorme coïncidence ou clin d'oeil du destin? Pour en avoir le coeur net, les amoureux se ruent chez le père de Raphaël pour y sortir de vieilles photos.

Sur l'un des clichés, Natacha croit reconnaître le jeune garçon qui avait fait chavirer son coeur. Mais un doute subsiste. «Je continue à tourner les pages de l'album et là... je nous vois les deux, ensemble, sur la même photo! C'était bien lui et c'était bien moi. Nous n'en croyions pas nos yeux», raconte la trentenaire. Les yeux remplis d'émotion, Raphaël et Natacha sont rentrés chez eux, dans le quartier des Eaux-Vives, et ont ressorti le CD de Bryan Adams. Sur la chanson «(Everything I Do) I Do It For You», le couple a pu, enfin, finir le slow qu'il avait dû abandonner en cours de route, vingt ans plus tôt. «Nous rêvions d'avoir une jolie histoire. Plus joli que ça, ce n'est pas possible», conclut Natacha.

Des «hypercompatibilités» plus fortes que tout

«Le hasard joue un rôle essentiel dans ce genre d'histoires», explique le Dr Bianchi-Demicheli, spécialiste de la médecine sexuelle et de la sexologie aux HUG. Certains seraient-ils cependant «programmés» pour se retrouver? Difficile de le prouver. «Ce que l'on sait, c'est que les gens développent des affinités plus ou moins fortes, et qu'il arrive que des «hypercompatibilités» les réunissent. Quand elles se sont croisées une première fois mais que leur histoire a été interrompue, «elles développent une sorte de frustration nostalgique, qui fait que le jour où elles se retrouvent, leur union se fait tout naturellement», estime-t-il.

Ton opinion