Bale - «Ils ont voulu laisser la simulatrice nue geler au sol»
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Bâle«Ils ont voulu laisser la simulatrice nue geler au sol»

Une femme de 29 ans était morte alors qu’elle était enfermée à la prison de Waaghof à Bâle. Quatre employés de l’établissement croyaient que la prisonnière simulait: ils sont accusés d’homicide par négligence. La Cour les a acquittés.

C’est dans cette unité pour détenus avec des problèmes psychiatriques au Waaghof qu’une femme de 29 ans a trouvé la mort.

C’est dans cette unité pour détenus avec des problèmes psychiatriques au Waaghof qu’une femme de 29 ans a trouvé la mort.

Lukas Hausendorf

Au second jour du procès de quatre personnes (trois hommes et une femme) travaillant au centre pénitentiaire de Waaghof à Bâle et qui doivent répondre d’homicide par négligence, la défense a présenté son point de vue sur la mort d’une femme de 29 ans qui a succombé après s’être pendue. Mardi, ils avaient déclaré avoir pensé que la femme simulait.

L’accusation a eu cette phrase choc: «Un être humain est mort. Et il est mort dans les bras de l’État!» La raison de ce décès est une «erreur fatale» des accusés qui ont cru que l’immobilité de la requérante, qui était en attente de renvoi, était une simulation. Ils l’ont ainsi laissée dans un coin de la cellule après l’avoir détachée. Le procureur a eu des mots durs: «Ils ont voulu laisser la simulatrice nue geler au sol.» Selon l’acte d’accusation, la femme a tenté de mettre fin à ses jours par désespoir et n’était plus capable de discernement. Selon l’avis d’experts, les premières lésions cérébrales sont intervenues au moment où elle s’est pendue. Mais les accusés ne pouvaient pas le savoir. Ils auraient dû faire tout leur possible pour empêcher le décès. Ils ne l’ont pas fait.

Une question de discernement

L’accusation a reconnu le travail difficile des accusés. Cependant, placer la femme dans une position de sécurité et alerter une ambulance aurait été raisonnable pour des professionnels. Dans d’autres cas, des rapports prouvent que cela a pu être fait. L’accusation demande 180 jours-amende pour le superviseur et des peines de sept à neuf mois avec sursis pendant deux ans pour les autres accusés.

La défense a demandé l’acquittement des quatre accusés. Elle admet qu’ils ont commis une erreur et mal évalué la situation. «Après avoir reconnu la situation d’urgence, ils ont agi correctement», a déclaré l’un des avocats. La principale raison pour demander l’acquittement est d’ordre juridique. Car comme il n’a pas pu être prouvé que la femme était incapable de discernement, personne ne peut être tenu pour responsable d’un homicide involontaire. Une personne capable de discernement est libre de mettre fin à ses jours et il n’existe pas d’infraction pénale dans ce cas. Donc aucune sanction ne peut être prononcée.

Prévenus acquittési

Un expert entendu mardi n’a pas pu dire de manière absolument claire si la femme aurait pu être sauvée. Indépendamment de la formation insuffisante des prévenus, même une action n’aurait pas pu éviter le drame. Un des avocats s’en prend également à l’établissement pénitentiaire. «Le Waaghof est une horreur!» lance-t-il. Un troisième avocat s’en prend à l’ensemble du système carcéral et parle de «conditions inhumaines». Au moins, maintenant, le concept de sécurité au Waaghof a été revu. «Mais il est tragique que quelqu’un doive mourir pour que la situation évolue», a-t-il déclaré. La Cour a délibéré. Les quatre prévenus ont été acquittés vendredi

(las/jbm)

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