Actualisé 12.10.2008 à 20:54

Fribourg

«Ils portaient tous des cagoules et des casques»

Entre 30 et 40 casseurs d'extrême gauche ont fracassé un bar où devait se tenir une soirée gothique.

«Je criais, criais, tout en appelant la police, mais ils continuaient. Ils ont jeté sur moi un tabouret pour que je me taise. Il a atterri juste à côté.» Valentine Jaquier, patronne d'habitude colorée et pimpante du bar Elvis et moi à Fribourg, a passé une nuit blanche de samedi à dimanche après l'attaque dont elle a été victime.

Effondrée, elle raconte: «D'abord j'ai entendu des grands bris de vitres. J'étais toute seule en début de soirée à faire la mise en place de l'établissement. Puis j'ai vu les casseurs enfoncer la porte pour ouvrir le loquet. Ils avaient tous des cagoules et des casques. Ils ont tout cassé à coup de batte et de bâton.» Treize personnes mangeaient alors à l'étage. Les portes ne devaient s'ouvrir qu'à 21 h. Avant de partir, les casseurs ont jeté une bombe lacrymogène artisanale.

Une patrouille, arrivée cinq minutes après le début de l'agression, a dû reculer devant la violence du groupe. En quittant les lieux, les agresseurs se sont trouvés nez à nez avec une autre patrouille. Ils ont aussitôt attaqué les policiers en sprayant des lacrymogènes dans les aérations de leur voiture. Les agents ont riposté au moyen de sprays au poivre et l'un des agresseurs a été interpellé. Les autres casseurs ont alors de nouveau attaqué les policiers. Ils ont réussi à libérer leur camarade avant de prendre la fuite.

«Les policiers ont dû sortir leur arme de service pour leur propre protection, sans toutefois en faire usage», explique le porte-parole de la police Benoît Dumas. Les casseurs ont fui par une ruelle, où ont été retrouvés les cagoules et les bâtons utilisés pour l'agression. Ils ont ensuite disparu.

Nando Luginbuhl/ats/ap

Les «antifa'» revendiquent

Un groupe nommé «Antifascistische Aktion, Kommando nazifreie Subkultur» a revendiqué l’opération dimanche dans un communiqué. Président de l’association Soleil Noir, qui organisait la soirée de samedi à Fribourg, Lars Kophal tente une explication: «L’un des nôtres a été agressé par les «antifa’» à la Reithalle de Berne il y a plus d’une année. Les agresseurs ont été condamnés et cherchent à se venger.» Selon les revendicateurs antifa’, plusieurs membres de Soleil Noir entretiennent de bons contacts avec les milieux néonazis, et le groupe italien qui devait jouer samedi serait de mouvance fasciste.

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