Actualisé 05.09.2019 à 09:52

LEB

Ils préfèrent avoir moins de trains, mais plus fiables

La grogne va grandissante parmi les usagers du Lausanne-Echallens-Bercher. Une action pour réclamer des solutions est en train de s'organiser.

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Malgré la grogne des usagers, l'Etat de Vaud n'a que peu de moyens d'intervention.

Malgré la grogne des usagers, l'Etat de Vaud n'a que peu de moyens d'intervention.

Keystone

«On en a marre! Depuis l'entrée en vigueur du nouvel horaire, lundi passé, les retards et annulations de trains sont quotidiens. Et on ne parle pas que de quelques minutes... c'est parfois des heures qu'on doit attendre. Et c'est systématiquement aux heures de pointe, tant le matin que le soir», explique Jean*, usager du Lausanne-Echallens-Bercher (LEB) depuis 2015.

Et Sarah*, une jeune maman, de confirmer: «Pour être à l'heure au travail, je pars désormais une heure plus tôt qu'auparavant. Et, malgré tout, je suis régulièrement en retard. Pour l'instant, mon patron se montre compréhensif... mais pour combien de temps? Et le pire, c'est le soir. La crèche qui accueille mes enfants ferme à 18h30. A cause du LEB, tous les jours, je dois appeler ma soeur en catastrophe pour lui demander d'aller les chercher. Sans elle, je ne sais pas comment je ferais.»

Mesures urgentes réclamées

Les témoignages d'usagers racontant que, depuis l'entrée en vigueur de la cadence au quart d'heure, la situation est devenue invivable sont nombreux. La grogne a d'ailleurs atteint un tel niveau que certains d'entre eux ont décidé d'organiser une manifestation pour demander aux TL, responsables de la ligne, des mesures urgentes, à commencer par un retour de la cadence à la demi-heure. «Nous le constatons tous: avant, il y avait moins de trains. Mais ça fonctionnait bien mieux!» lance Jean.

Pour l'heure, ni la date ni le lieu de la manifestation n'ont été arrêtés. Mais des dizaines de pendulaires soutiennent cette initiative, lancée dans le groupe Facebook «LEB - La ligne «verte» de tous les soucis!»

L'Association transport et environnement (ATE) est également favorable à cette action. «Non seulement nous la soutenons, mais nous y participerons le cas échéant. La qualité du service que propose le LEB est inacceptable. Si cela continue, les gens vont préférer prendre leur voiture que le train», estime David Raedler, président de l'ATE Vaud. En outre, jeudi, l'ATE a envoyé un courrier au président du Conseil d'administration du LEB, évoquant que: le remplacement de certains trajets par des bus est très mal indiqué; que la localisation des arrêts de bus n'est pas signalée depuis les quais; la coordination entre les bus de remplacement et les lignes exploitées par CarPostal est mauvaise.

«Rien à voir avec la cadence»

De leur côté, les TL assurent qu'un retour en arrière n'apporterait rien. «Le LEB connaît les mêmes problèmes qu'avec l'ancien horaire. C'est la fiabilité de la ligne qui est en cause. Les incidents sont multiples: portes, passages à niveau, alimentation électrique, aiguillage. Et ils sont sans lien entre eux. Ces événements seraient survenus quelle que soit la cadence appliquée», communique une porte-parole.

*Prénoms d'emprunt

Le Canton ne peut pas faire grand chose

«Pour ce qui est de la manifestation, le Canton n'a pas à se prononcer, mais nous comprenons la grogne des voyageurs face aux retard», glisse Mehdi-Stéphane Prin, délégué départemental aux affaires ferroviaires. Quant aux retards, il explique que les moyens d'intervention du Canton sont limités. «Nous payons, avec la Confédération, pour faire circuler les trains. Mais nous ne sommes pas les gestionnaires de la ligne. Ce sont les TL qui doivent régler les problèmes d'exploitation», poursuit-il. Ce dernier estime toutefois que la complexité d'une ligne ferroviaire à voie unique, avec des infrastructures de différentes époques, est à l'origine de la gabegie actuelle et il salue la décision des TL, prise la semaine passée, de demander un audit technique afin d'évaluer son état. «Je pense même que c'est indispensable pour enfin avoir une vue d'ensemble de toutes les faiblesses.» Pour finir, le délégué affirme que la rumeur selon laquelle l'administration du LEB serait sous tutelle de l'Etat est infondée. «La Direction générale de la mobilité et des routes a simplement mis en place un monitorage de la ligne, autrement dit un suivi renforcé. Le Canton n'a pas pour rôle de gérer l'exploitation d'une ligne de chemin de fer.»

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