Afrique du Sud: Ils rêvent d'un engin spatial africain sur la lune
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Afrique du SudIls rêvent d'un engin spatial africain sur la lune

Un groupe d'enthousiastes sud-africains a commencé à lever des fonds pour un projet ambitieux: l'envoi sur la lune d'un engin spatial entièrement «Made in Africa».

Le dernier succès «spatial» de l'Afrique est d'avoir obtenu en 2012 l'installation en Afrique du Sud d'une grande partie du super radiotélescope international.

Le dernier succès «spatial» de l'Afrique est d'avoir obtenu en 2012 l'installation en Afrique du Sud d'une grande partie du super radiotélescope international.

La campagne a commencé très modestement: la Fondation pour le développement spatial, basée au Cap, a lancé une collecte de fonds par internet avec l'objectif de ramasser 150'000 dollars (150'000 francs) d'ici à la fin janvier pour lancer une étude de faisabilité. A trois semaines du but, les dons se montent à... 13'000 dollars.

Les clichés sur une Afrique pauvre et privée de technologie ont la vie dure, et n'incitent pas à l'investissement. Mais c'est justement pour combattre ces idées reçues que les initiateurs du projet se sont lancés dans l'aventure. Ils promettent de continuer, quel que soit le résultat de cette première collecte de fonds.

«Afro-pessimisme»

«Nous sommes confrontés à beaucoup d'afro-pessimisme», déplore Jonathan Weltman, le patron de la Fondation à but non lucratif: «Tout ce qui est optimiste, ce qui vise à nous tirer vers les secteurs de pointe, est reçu avec scepticisme. Mais je suis convaincu que l'Afrique peut le faire, sans aucun doute.»

Créée par le chef du laboratoire spatial de l'Université du Cap en 2009, Peter Martinez, la Fondation a aussi --et surtout-- un projet pédagogique: inspirer aux étudiants africains l'envie de poursuivre des études scientifiques, et stopper la fuite des cerveaux de ceux qui sont déjà formés vers les pays développés.

Savoir-faire et talents

Le dernier succès «spatial» de l'Afrique est d'avoir obtenu en 2012 l'installation en Afrique du Sud d'une grande partie du super radiotélescope international SKA. Ses antennes iront fouiller jusqu'aux confins du Big Bang et des trous noirs avec des moyens encore jamais mis en oeuvre par l'humanité.

Cette décision d'implanter en Afrique le SKA «prouve qu'il y a évidemment les savoir-faire et les talents ici (en Afrique), ainsi qu'un très grand intérêt», assure l'un des responsables du projet Adrian Tiplady. Quant au projet lunaire, baptisé «Africa2Moon», «c'est certainement faisable, nous avons l'expertise pour concevoir, développer et lancer un tel vaisseau», poursuit M. Tiplady.

Un projet panafricain

L'Afrique du Sud est l'économie la plus développée d'Afrique, et elle possédait un programme nucléaire et de fusées sous le régime d'apartheid, avant l'arrivée au pouvoir de Nelson Mandela en 1994. Mais la Fondation veut faire du projet lunaire un projet panafricain.

Le projet prévoit de lancer l'étude de faisabilité d'ici fin novembre, avant la présentation du projet lors d'une conférence internationale.

«Nous restons optimistes»

La maigre somme récoltée pour l'heure est une déception pour Jonathan Weltman, qui note pourtant que «la réaction des médias et de l'industrie a été extrêmement positive et encourageante».

«La réaction des donneurs a été plus lente que prévu, mais elle s'est accélérée dans les premiers jours de janvier. Nous restons optimistes quant à nos chances d'atteindre notre but. Lors de cette campagne, ou grâce à d'autres appels de fonds que nous lancerons au premier trimestre.»

Et à ceux qui lui conseillent de dépenser de l'argent pour lutter contre le virus Ebola au lieu de rêver à la lune, M. Weltman répond que l'éducation est le meilleur investissement possible pour aider au développement de l'Afrique.

Un site Internet

Et d'ailleurs, pourquoi la lune? Parce que, dit l'enthousiaste scientifique, chaque enfant africain pourra sortir devant chez lui, lever les yeux au ciel et partager sa fierté avec tous les habitants du continent, qui a récemment dépassé le milliard d'êtres humains.

En attendant, Africains ou citoyens du monde connectés à internet peuvent déjà prendre connaissance du projet, et même contribuer à son financement, sur un site web.

(afp)

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