Stadel (ZH): Ils sont pour le nucléaire mais contre les déchets sous leurs terres

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Stadel (ZH)Ils sont pour le nucléaire mais contre les déchets sous leurs terres

Le choix du site d’enfouissement des déchets radioactifs, à près de 900 mètres sous la surface du sol, suscite des critiques. Celui-ci ne devrait pourtant être créé qu’aux environs de 2050.

par
Yannick Weber

L’énergie nucléaire, déclarée «verte» par l’UE, n’en finit pas de provoquer des remous. Des habitants de Stadel, au nord de Zurich, sont venus à Berne lundi pour manifester devant le centre de presse où les autorités confirmaient le choix de la commune pour abriter un site d’enfouissement de déchets radioactifs.

Ces habitants, pourtant, ne sont pas issus d’une bourgade d’antinucléaires. En 2016, les citoyens du village avaient été 67,4% à voter contre la sortie du nucléaire. En 2017, 60,8% avaient refusé la Stratégie énergétique 2050, qui interdisait la construction de nouvelles centrales, alors que la Suisse disait oui au niveau national à 58,2%.

Ils tiennent au nucléaire, et pourtant les déchets, ils n’en veulent pas sous leurs pieds, pour la plupart. «C’est de la merde, c’est dangereux pour ma famille», a par exemple dit un habitant à nos collègues de «20 Minuten». D’autres sont plus philosophes. «Il faut bien les enterrer quelque part. Si chez nous est le meilleur endroit, alors d’accord», dit une autre. «Cela me fait peur, mais probablement que je ne survivrai pas jusqu’à ce que le site soit créé», témoigne une retraitée.

À Stadel (ZH), plus de six habitants sur dix avaient voté pour ne pas renoncer à l’énergie nucléaire.

À Stadel (ZH), plus de six habitants sur dix avaient voté pour ne pas renoncer à l’énergie nucléaire.

Tamedia

Huitante ans pour un site

Et pour cause, il est prévu que le site entre en fonction en 2050, comme l’a détaillé l’Office fédéral de l’énergie, soit près de 80 ans après la création, en 1972, de la Nagra, la société chargée de stocker les déchets. Les trois sites en lice sont «aptes» à recevoir les déchets, mais celui qui a été choisi est «le plus sûr» grâce à la présence d’argiles qui ont «le meilleur effet de barrière géologique», selon la Nagra.

Même l’Allemagne s’est manifestée. Olaf Scholz, le chancelier, a déclaré vouloir «discuter» avec les autorités suisses. Les questions d’indemnisations seront en jeu. Berne a confirmé lundi que les Allemands seront impliqués dans les processus.

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