Genève: Ils travaillent gratuitement sans le savoir
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GenèveIls travaillent gratuitement sans le savoir

La trentaine d'employés d'une entreprise de construction ne savaient pas que leur société avait fait faillite.

par
dra/nxp
photo: Keystone/ARCHIVES - PHOTO D'ILLUSTRATION

«Je suis arrivé le matin sur le chantier d'une villa à Jussy. Avec mon collègue, on a attendu que l'on nous apporte les appareils pour poursuivre les travaux... et rien, raconte Noël Lagrange, 59 ans. On a attendu une heure, deux heures. Puis, un autre collègue nous a téléphoné et a dit: l'entreprise a fait faillite, c'est pas la peine de rester.» Cet employé de BPH Construction, en poste depuis 24 ans dans l'entreprise, est toujours éberlué de son retour au travail après la pause de Noël, le 18 janvier dernier.

Le Tribunal de première instance a prononcé la faillite de BPH Construction le 17 décembre. Mais les collaborateurs n'ont pas été informés et ont même été conviés au repas de fin d'année et à une reprise de leur activité début janvier sur quatre chantiers ouverts. Ils ont ensuite été alertés par un technicien de la société.

Le patron est aujourd'hui introuvable et les chantiers sont assurés par d'autres entreprises. BPH n'est pas joignable et indiquait jeudi encore sur sa messagerie être en vacances jusqu'au 18 janvier, sans avoir réactualisé cette indication.

«On est dans l'irresponsabilité la plus absolue», a souligné à l'ATS l'un des responsables syndicaux d'Unia qui suivent le dossier. L'intersyndicale avec Syna et le SIT a ensuite accompagné les ex-employés dans leurs requêtes administratives qui vont «prendre du temps».

Elle évalue encore la possibilité de poursuites judiciaires, mais l'appel aux créanciers devrait être lancé dans les prochains jours. Et de dénoncer certains patrons de la branche qui se déchargent du risque entrepreneurial sur la collectivité.

Les syndicats s'étonnent aussi qu'un mois après l'annonce de faillite de l'entreprise, l'Office cantonal des faillites n'ait pas prévenu les ouvriers alors qu'il est censé le faire.

L'administration n'entend pas s'exprimer sur un cas particulier. Mais elle souligne qu'il existe différents types de faillites, qui lui imposent parfois des délais avant de pouvoir intervenir auprès du personnel. «Cela dépend d'éventuels recours par exemple, explique Christophe Pommaz, directeur général de l'office des poursuites. Nous ne pouvons pas non plus agir tant que nous n'avons pas été dûment informés par la justice.»

La loi prévoit le paiement par l'Etat de 4 mois de salaire pour les employés d'une entreprise déclarée insolvable. (dra/nxp/ats)

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