«Lionne» d’Epalinges (VD): «Imaginez que nous n’ayons rien fait et qu’un enfant se soit fait attaquer»

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«Lionne» d’Épalinges (VD)«Imaginez que nous n’ayons rien fait et qu’un enfant se soit fait attaquer»

Un peu de plus de trois semaines après les faits, le syndic de la commune se confie sur l’affaire de la «lionne d’Épalinges» tout en félicitant la citoyenne qui a donné l’alerte.

par
Sophie Zuber
Cette photo, prise par une résidente d’Épalinges, aura mis en émoi toute la Suisse romande durant quelques jours.

Cette photo, prise par une résidente d’Épalinges, aura mis en émoi toute la Suisse romande durant quelques jours.

DR

Jeudi 31 mars 2022. Cette date restera dans les annales de la commune d’Épalinges (VD) comme étant celle où l’on aura, pendant quelques jours, pensé qu’une lionne y avait élu domicile. Syndic de la localité des hauts de Lausanne, Alain Monod revient sur cette folle journée: «Nous faisions un exercice de sauvetage en forêt. À 15h20, je retourne à la Maison de Commune et on m’informe qu’une dame a pris en photo une lionne dans son jardin.» Sa première réaction a été de croire à une blague, vu la proximité du 1er avril et de son lot de «poissons». Mais le chef de l’Exécutif n’a que peu hésité avant de prendre contact avec le 117: «Quasiment en même temps, la dame nous a rappelés pour nous dire que la fameuse «lionne» se dirigeait vers le Flon en direction du collège de Bois-Murat. C’est là que je me suis dit que nous avions un gros problème.»

«Même si nous étions la veille du 1er avril, nous nous devions d’agir»

Alain Monod, syndic d’Épalinges

Dès lors, les autorités ont réagi en sortant «l’artillerie lourde»: de très nombreuses patrouilles de police, des équipes de la brigade canine, des policiers d’élite du DARD, un hélicoptère de l’armée, des inspecteurs de la police de sûreté, des agents de la police de la faune et le vétérinaire cantonal ont été dépêchés dans le secteur.

Alain Monod, syndic d’Épalinges.

Alain Monod, syndic d’Épalinges.

20min/szu

Une mise en place nécessaire, estime le chef de l’Exécutif de la commune: «Même si nous étions la veille du 1er avril et qu’il y avait de fortes chances qu’il ne s’agisse pas d’un lion, nous nous devions d’agir. Imaginez qu’un enfant se soit fait attaquer parce que nous n’avons rien fait. Cela aurait été terrible.»

Passé le danger et l’assurance qu’aucun félin ne s’était échappé du Zoo de Servion, le soufflé est retombé. «Nous avons toutefois mis en place des mesures de sécurité sur le site de l’école, le vendredi. Chaque enfant devait se rendre à l’école accompagné d’un adulte, par exemple», explique Alain Monod.

Lanceuse d’alerte très inquiète

En ce qui concerne la lanceuse d’alerte, le syndic est catégorique: son nom ne sera pas divulgué «afin de la protéger». Selon l’édile, «elle s’en est voulu d’avoir été à l’origine de tout cela, mais elle ne doit pas. Elle a fait son devoir de citoyenne.» Un constat partagé par la police cantonale vaudoise, qui estime que cette personne «n’a rien fait de faux en nous signalant l’animal en question».

Les coûts de l’opération ne lui seront évidemment pas facturés, malgré les craintes de cette dernière. «Et ils ne le seront à personne», assure Florence Frei, qui affirme que la police n’a «pas calculé les coûts» exacts de cette opération.

Propriétaire et chien inconnus

Même si tout danger est écarté, le mystère reste entier sur l’identité de l’animal et de son ou sa propriétaire, pourtant appelé(e) à prendre contact avec les services de police au lendemain de l’affaire. «Bien que des interrogations persistent sur l’identité du chien, tout tend à démontrer qu’il ne s’agissait pas d’un félin. Le dossier est clos», explique Paola Rüegg, vétérinaire cantonale adjointe.

Florence Frei, de la police cantonale vaudoise, termine: «Nous avons désormais de nombreux indices, y compris l’information que deux chiens étaient en divagation dans le secteur le 31 mars. L’un de ces deux chiens pourrait correspondre à l’animal photographié derrière le grillage. Sur cette base, et sachant que plus aucun signalement ne nous est parvenu, nous avons mis un terme aux recherches.»

Les chats de Brélaz, la lionne de Monod

Bien que stressante sur le moment, cette soudaine mise en lumière n’a pas fâché la commune d’Épalinges pour autant. «Sur les réseaux sociaux, on voyait «Epalinges» un peu partout», explique Alain Monod, qui avoue avoir souri aux diverses images détournées, du moment que tout était rentré dans l’ordre. «Des amis m’ont même dit que si, avant, on parlait des chats de Daniel Brélaz (ndlr: l’ex-syndic de Lausanne portait toujours une cravate arborant une grosse tête de chat), on parlerait désormais de la lionne d’Alain Monod.» L’histoire ne dit toutefois pas si le chef de l’Exécutif compte changer de style vestimentaire dans les prochaines semaines.

Un exemple de photos détournées au lendemain de l’affaire à Épalinges.

Un exemple de photos détournées au lendemain de l’affaire à Épalinges.

20min/Lecteur reporter

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