Bangladesh: Immeuble effondré: près de 800 morts
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BangladeshImmeuble effondré: près de 800 morts

De nouveaux corps ont été découverts durant la nuit de mardi à mercredi dans les décombres.

Le bilan de l'effondrement d'un immeuble du secteur textile il y a deux semaines près de Dacca approchait les 800 morts mercredi, a annoncé l'armée. Un porte-parole, le lieutenant Mir Rabbi, a indiqué que «le bilan s'élève désormais à 782 morts», après un précédent bilan de 752 morts quelques heures plus tôt. Selon un général supervisant les opérations de secours, le bilan risque encore de s'alourdir.

L'immeuble de neuf étages qui s'est effondré, le Rana Plaza, situé à une trentaine de km de Dacca, abritait cinq ateliers de confection travaillant notamment pour les marques britannique Primark (Associated British Foods) et espagnole Mango.

Le brigadier général Siddiqul Alam Sikder a de son côté indiqué que les grues et les bulldozers déblayaient désormais les gravats correspondant au 3e étage du Rana Plaza et que l'odeur nauséabonde émanant des décombres des étages inférieurs suggérait que des corps étaient encore pris au piège.

«Nous pensons que nous allons trouver d'autres corps parce que nous n'avons pas encore atteint les étages inférieurs. Nous avons fini le travail à 70%», a-t-il ajouté. Il a toutefois précisé que le nombre de victimes aux rez-de-chaussée, premier et deuxième étages pourrait ne pas être très élevé car ces niveaux abritaient des magasins et des banques ouvrant à 09h00 (heure locale), environ l'heure du drame, et que les employés n'étaient peut-être pas tous arrivés.

3000 personnes dans l'immeuble

Lorsqu'il s'est effondré comme un château de cartes au matin du 24 avril, plus de 3000 ouvriers étaient au travail, alors que des fissures avaient été constatées la veille sur le bâtiment. Selon les autorités, 2437 personnes ont été secourues vivantes.

Une douzaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête, dont le propriétaire de l'immeuble et les propriétaires des ateliers de confection.

18 usines ferment

Le Bangladesh a fermé 18 usines du textile pour des raisons de sécurité après l'effondrement le 24 avril d'un immeuble de neuf étages qui abritait des ateliers de confection, faisant plus de 800 morts, a annoncé mercredi le ministre du Textile.

«Seize usines ont été fermées à Dacca et deux à Chittagong», la deuxième ville du pays, a annoncé à la presse le ministre, Abdul Latif Siddique, précisant que de nouvelles usines seraient fermées dans le cadre du renforcement des mesures de sécurité. Il s'agit des premières fermetures décidées par les autorités depuis le drame, le plus meurtrier de l'histoire industrielle du pays.

Il s'agit des premières fermetures décidées par les autorités depuis le drame, le plus meurtrier de l'histoire industrielle du pays. «Nous avons constaté que ceux qui prétendent avoir les usines les plus aux normes au Bangladesh n'ont pas totalement respecté les règles de construction», a ajouté le ministre.

Craignant que les marques occidentales se détournent de leurs fournisseurs bangladais, le gouvernement a annoncé lundi la mise en place d'une nouvelle commission d'enquête devant inspecter les quelque 4500 usines textiles à la recherche d'éventuels défauts de construction. Le ministre du Textile a été nommé à la tête de cette commission.

Le gouvernement avait fait une annonce similaire après un incendie dans une usine textile près de Dacca en novembre dernier, qui avait déjà fait 111 morts. Mais les inspections avaient été jugées nettement insuffisantes pour faire progresser les conditions de sécurité déplorables dans ce secteur industriel. (ats/afp)

Début d'une grève contre les «massacres en masse» d'islamistes

Le pays était en grande partie paralysé mercredi par une grève de deux jours lancée à l'appel de l'opposition pour dénoncer le «massacre en masse» d'islamistes lors de la dispersion par la police d'une manifestation visant à réclamer une nouvelle loi antiblasphème.

Les écoles et commerces étaient fermés, les transports publics suspendus et les accès routiers habituellement embouteillés à Dacca et menant aux grandes villes étaient presque déserts. La sécurité a été renforcée dans la capitale, avec le déploiement de milliers de policiers.

Des manifestants ont lancé trois petites bombes artisanales dans un district de Dacca, Tejgaon, sans faire de blessés, a indiqué à l'AFP le chef de la police locale, Mohammad Moniruzzaman.

Le principal parti d'opposition, le Bangladesh Nationalist Party (BNP), et ses alliés islamistes affirment que des centaines de personnes ont été tuées lors de l'intervention de la police antiémeutes lundi à l'aube pour disperser un rassemblement de dizaines de milliers d'islamistes dans le centre de Dacca. Ils ont appelé à une grève nationale devant durer jusqu'à jeudi 18h00.

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