Suisse: Immigration de masse: seule l'UDC fait grise mine
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SuisseImmigration de masse: seule l'UDC fait grise mine

La solution trouvée afin d'appliquer l'initiative du parti agrarien semble contenter le plus grand nombre, sauf l'initiateur.

Partis, partenaires sociaux et cantons approuvent le compromis trouvé pour l'application de l'initiative. Sauf l'UDC.

Partis, partenaires sociaux et cantons approuvent le compromis trouvé pour l'application de l'initiative. Sauf l'UDC.

photo: Kein Anbieter

Tous les partis, sauf l'UDC, sont satisfaits de la solution trouvée par une commission du Parlement pour mettre en oeuvre l'initiative contre l'immigration de masse.

Partenaires sociaux et cantons approuvent aussi. A Bruxelles, on ne commente pas pour l'instant.

Le PDC estime que son concept a été repris. «La solution correspond à la volonté des cantons et permet de prendre des mesures correctives là où elles sont nécessaires», note le parti. «Les discussions avec l'UE sont devenues obsolètes», estime en outre son président Gerhard Pfister. Car cette solution ne viole pas l'accord sur la libre circulation des personnes.

La commission des institutions politiques du Conseil national propose d'appliquer l'initiative de l'UDC via un mécanisme très souple qui laisse les mains libres au Conseil fédéral. La solution, un compromis entre plusieurs variantes, vise d'abord à ne pas mettre en danger les bilatérales.

La gauche salue également cet effort, un «bon compromis». Pour le PS, elle est la seule voie permettant de garantir les accords bilatéraux tout en respectant le résultat du scrutin du 9 février 2014.

La principale revendication des Vert'libéraux et des Verts, c'est-à-dire la compatibilité avec les accords bilatéraux, est satisfaite. Le PBD soutient aussi, mais estime qu'il manque tout de même des mesures visant à promouvoir la main-d'oeuvre indigène et à soutenir les travailleurs âgés ou les parents actifs professionnellement.

UDC pas contente

Seule à faire grise mine, l'UDC, pour qui la solution retenue est inacceptable en l'état. Après le vote du 9 février, la Constitution exige un contrôle autonome de la migration, a déclaré le conseiller national Gregor Rutz (UDC/ZH). Ce ne sera pas possible si l'UE a son mot à dire. Le parti va-t-il lancer un référendum ou même sa propre initiative de mise en oeuvre? Cela reste ouvert.

Pour les cantons, cette proposition est au contraire une «bonne base», selon le président de la Conférence des gouvernements cantonaux Jean-Michel Cina. Et de saluer l'absence de contingents ou de plafonds fixes. Le conseiller d'Etat vaudois Pascal Broulis (PLR) est moins enthousiaste: «Pour l'heure, ce n'est pas encore la panacée. Il faut encore beaucoup travailler pour arriver à une solution.»

Bémol syndical

Satisfaction aussi du côté des partenaires sociaux. Par la voix de l'Union patronale suisse et de l'Union suisse des arts et métiers, les patrons ont salué la proposition, soulignant tout de même qu'«il faudra contenir au minimum l'effort et les procédures bureaucratiques, tout en ne perdant pas de vue le but de la réduction de l'immigration.»

Bémol chez les syndicats: l'Union syndicale suisse appelle à ce que la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux éliminent «rapidement et systématiquement les abus commis en matière de libre circulation des personnes». Il faut mettre en place «des mesures relatives au marché du travail qui ne soient pas discriminatoires, mais compatibles avec les accords bilatéraux».

No comment à Bruxelles

A Bruxelles, on n'a pas souhaité commenter le projet de la commission du National. «Nous n'avons rien à dire sur cette étape intermédiaire», a indiqué à l'ats une porte-parole de la Commission européenne.

«La prochaine étape pour nous est la rencontre entre le président Juncker et le président Schneider-Ammann», le 19 septembre à Zurich. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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