20.11.2020 à 12:52

UEImpasse budgétaire: Budapest déterminée mais confiante

Viktor Orban qui a opposé son veto au plan de relance européen car il oblige ses signataires à respecter un certain Etat de droit, campe sur ses positions.

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Viktor Orban.

Viktor Orban.

AFP

Le Premier ministre souverainiste hongrois, qui refuse de lier respect de l’Etat de droit et versement de fonds communautaires, s’est montré persuadé vendredi que les difficiles négociations européennes sur le budget allaient aboutir à un accord, malgré son veto.

«Il existe de nombreuses solutions possibles, c’est juste une question de volonté politique», a déclaré Viktor Orban à la radio publique hongroise, au lendemain d’un sommet européen au cours duquel les chefs d’État et de gouvernement n’ont pas évoqué de piste concrète pour sortir de l’impasse.

La Hongrie comme la Pologne ont posé leur veto lundi contre la proposition de budget européen 2021-2027 et le plan de sauvetage pour faire face à la crise du coronavirus. Ils refusent de le lever tant que le mécanisme sur lequel le Parlement européen et les Etats de l’UE se sont entendus pour priver de fonds européens les pays membres qui violent l’Etat de droit ne sera pas supprimé.

Version illibérale

«Au centre de tout le bla-bla à Bruxelles, il y a la question de savoir comment ils peuvent nous forcer à faire quelque chose que nous ne voulons pas faire», a déclaré Viktor Orban, qui défend une version «illibérale» de la démocratie.

«Ils veulent le faire de manière à ce que, au lieu de l’unanimité, ces questions soient décidées à la majorité qualifiée des deux tiers», a-t-il déclaré.

Mais «les pourparlers doivent se poursuivre et à la fin nous parviendrons à un accord, c’est ainsi que cela fonctionne normalement», a-t-il dit.

Le gouvernement hongrois a émis une euro-obligation au début du mois tout en déclarant que ses projets lancés pour les dix prochaines années seraient mis en oeuvre indépendamment de l’issue des négociations avec ses partenaires.

«Nous pouvons contracter des emprunts même sans Bruxelles. L’économie hongroise, contrairement à 2008, repose sur des bases très solides», a déclaré Viktor Orban.

Selon un sondage publié par Euroneuws jeudi soir, 57% des Hongrois qui se sont fait une opinion sur le sujet pensent que le veto de leur pays est une mauvaise décision ou affirment ne pas en comprendre la raison.

De son côté, le Premier ministre slovène Janez Jansa, qui avait voté pour l’adoption du budget lundi, puis apporté paradoxalement son soutien à la Hongrie et à la Pologne dans la foulée, a clarifié sa position jeudi: il ne quittera pas la majorité.

(AFP/NXP)

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