50 ans de l'AELE: Importante pour la Suisse, peu considérée au niveau international

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50 ans de l'AELEImportante pour la Suisse, peu considérée au niveau international

L'Association européenne de libre-échange (AELE), dont la Suisse est un des membres fondateurs, fête ses 50 ans lundi.

L'organisation joue un rôle important pour la Confédération: la plupart de ses accords de libre-échange sont en effet valables dans le cadre de l'AELE.

L'association a été fondée le 4 janvier 1960 par sept pays, qui signent alors la Convention de Stockholm. Créant une zone de libre- échange pour les produits industriels, elle a pour objectif d'encourager le commerce entre ses Etat membres.

Outre la Suisse, le Danemark, la Grande-Bretagne, la Norvège, l'Autriche, le Portugal et la Suède ont signé la convention. Ces pays sont ensuite rejoints par l'Islande, la Finlande et le Liechtenstein.

Actuellement, seuls restent les quatre Etats qui n'ont pas rejoint l'Union européenne (UE): la Suisse, le Liechtenstein, la Norvège et l'Islande. Parmi eux, la Suisse est l'unique pays qui ne fait pas partie de l'Espace économique européen (EEE).

Plateforme de négociation

«Même si l'AELE a perdu en signification, elle demeure très importante pour la Suisse», a affirmé à l'ATS Jean-Daniel Gerber, chef du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). «D'importants accords de libre-échange avec de grands pays comme la Corée du Sud, le Canada ou le Mexique existent dans le cadre de l'AELE».

Outre 20 accords de libre-échange communs, la Suisse conclut aussi des accords similaires sur un plan bilatéral. La Chine ou le Japon, par exemple, ne voulaient négocier qu'avec des Etats pris isolément, a relevé M. Gerber.

L'AELE a adopté le rôle de plateforme de négociation d'accords de libre-échange dans les années 1990. Elle devait ainsi garantir que ses Etats membres ne soient pas mis à l'écart dans ce domaine par rapport à ceux de l'UE.

Mais l'AELE offre aussi d'autres avantages à la Suisse: «Grâce à elle, nous bénéficions d'un statut d'observateur auprès de l'EEE à Bruxelles», relève M. Gerber. La Suisse peut ainsi suivre directement l'évolution du droit européen. L'AELE assume également des tâches administratives dans le cadre des accords de libre- échange.

La Suisse a plus de poids

Le Parlement helvétique est lui-même convaincu de l'utilité de cette organisation: pour la Suisse, l'AELE est bien plus importante que sa faible notoriété dans le grand public ne le laisse supposer, estime ainsi la conseillère nationale Brigitta Gadient (PBD/GR).

Cette dernière a dirigé ces deux dernières années la délégation parlementaire qui rencontre plusieurs fois par an des députés d'autres Etats de l'association.

Lors de négociations sur des accords de libre-échange, la Suisse a plus de poids grâce à l'AELE qu'elle n'en aurait comme Etat isolé, souligne Mme Gadient. «L'AELE a bonne réputation et passe pour fiable». Les échanges avec l'UE seraient en outre plus difficiles sans elle.

Sa perte de signification est imputable principalement à l'UE, devenue beaucoup plus importante. L'Islande s'efforce depuis peu d'y entrer; les négociations doivent débuter au printemps.

Une possible réduction de l'AELE à trois membres n'inquiète cependant pas Jean-Daniel Gerber: «L'AELE continuerait à exister». Et son rôle demeurerait le même, même si les accords devraient être adaptés. «Mais l'entrée de l'Islande dans l'UE n'est pas acquise, et rien que le processus d'adhésion prendrait plusieurs années», estime le patron du SECO.

(ats)

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