Suisse: Importer de la viande assaisonnée sera plus cher

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SuisseImporter de la viande assaisonnée sera plus cher

La Suisse va serrer la vis aux importateurs de viande assaisonnée.

La viande assaisonnée pourrait être traitée comme la viande non apprêtée.

La viande assaisonnée pourrait être traitée comme la viande non apprêtée.

Le Conseil des Etats a soutenu par 27 voix contre 12 un projet du National qui veut relever les tarifs douaniers frappant ces préparations. Cette initiative parlementaire de l'UDC veut abolir le droit de douane réduit accordé aux produits assaisonnés. Ces derniers seraient soumis aux mêmes règles que la viande non apprêtée.

La gauche a tenté en vain de combattre le texte. «Avec un tel projet, la Suisse violerait les règles de l'OMC, ce qui nuirait gravement à notre industrie d'importation en cas d'acceptation», a argumenté Anita Fetz (PS/BS).

Le but: lutter contre la pression croissante sur les prix dont souffrent les producteurs suisses. Pourtant, la part de marché de ce type de viande est très faible, aux environs de 1% . «Ce n'est donc pas ça qui menace la production suisse», a ajouté la sénatrice bâloise, en vain.

Normes exigeantes

Les statistiques montrent que la consommation de viande indigène augmente ces dernières années, a remarqué la conseillère fédérale Eveline Widmer Schlumpf. Il n'y a donc pas lieu d'agir, d'autant plus que le principal problème, lié à l'importation de viande poivrée, a déjà été réglé.

Les promoteurs du projet craignent en outre que la viande importée n'ait pas été produite selon des normes aussi exigeantes qu'en Suisse en matière de protection des animaux. «Pour lutter contre les veaux anémiques, nous devons combler cette lacune», a défendu Hannes German (UDC/SH).

Vieille bisbille

La bisbille autour de la viande assaisonnée occupe les autorités depuis de longues années. Le sujet avait même provoqué le fou rire devenu célèbre de l'ancien conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz.

L'Administration fédérale des douanes avait empoigné le problème en 2010, précisant que les droits réduits ne concernent plus les produits pour lesquels les substances aromatisantes ne pénètrent pas ou peu dans la viande. Par exemple: les préparations simplement poivrées, ou additionnées de baies de genièvre entières, clous de girofle, feuilles de laurier ou branches de romarin.

En revanche, la viande dont l'assaisonnement est réalisé en profondeur ou sur la totalité de sa surface, qui est perceptible à l'oeil nu ou nettement au goût, bénéficie toujours d'un droit de douane réduit. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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