Actualisé 28.09.2006 à 19:34

VIRUS, L'ENQUÊTE CONTAGIEUSE DE LA RADIO SUISSE ROMANDE«Imposer des quotas pour les frontaliers? Bonne idée»

Les frontaliers piquent nos boulots, font baisser les salaires et nous polluent avec leurs voitures, selon l'avis des internautes qui se sont manifestés en masse.

Il faudrait limiter les frontaliers à 20% pour commencer, puis réduire à 10%… On en a assez!» De nombreux commentaires ont été publiés dans ce cens sur le site. Les frustrations et les rancoeurs s'expriment violemment, particulièrement de la part de Genevois, très touchés par le chômage.

Pourtant l'augmentation du nombre de frontaliers à Genève (près de 44000) n'a pas provoqué une croissance du chômage, ce dernier s'inscrivant même légèrement à la baisse (6,9%). Et la plupart des patrons qui s'expriment, disent qu'il n'y a pas adéquation entre leur demande et l'offre de travailleurs. «Je ne trouve pas une seule fleuriste qualifiée, nous dit José Millo, directeur de Fleuriot-fleurs à Genève (45 employés). «Malgré la création à l'école de Lullier d'une filière spécifique de fleuriste en quatre ans, cela ne suffit pas».

Même écho d'André Jenny, boulanger: «le métier est assez dur au niveau des horaires. Je trouve des frontaliers, mais pas de Suisses».

Quant à l'horlogerie, un secteur en plein essor, «trouver un horloger formé devient rarissime, même en France voisine, nous dit Claude Barbier, qui a travaillé comme responsable des ressources humaines d'une entreprise horlogère à Genève. «Les entreprises de décolletage de la vallée de l'Arve se dépeuplent.» Problème : les salaires des emplois non qualifiés restent bas en raison de la venue en masse de frontaliers et dissuadent les résidents suisses.

«Mais cela se retrouve aussi en haut de l'échelle. Une multinationale qui cherchait des spécialistes dans la finance n'a pas pu engager des banquiers au chômage qui estimaient les salaires insuffisants», nous dit-on aux syndicats patronaux à Genève. Les entreprises se plaignent aussi du peu de mobilité des Suisses. Enfin, difficulté spécifique à Genève: les chômeurs de longue durée (38% du total) sont plus difficiles à réinsérer.

Francesca Argiroffo (RSR)

Virus, à vivre sur le site virus.rsr.ch et à écouter chaque vendredi à 7h15 sur RSR-La Première.

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