Découverte à l’EPFL (VD): Imprimer en 3D dans de la résine opaque, c’est désormais possible
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Découverte à l’EPFL (VD)Imprimer en 3D dans de la résine opaque, c’est désormais possible

Des chercheurs de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne peuvent désormais imprimer avec de la lumière des objets 3D dans de la résine opaque, en quelques dizaines de secondes. Ces résultats pourront servir le domaine biomédical. 

Cinq ans après la conception de l’imprimante 3D de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), celle-ci est désormais capable d’imprimer avec de la lumière, des objets en trois dimensions dans de la résine opaque, en quelques dizaines de secondes. Les résultats de cette recherche, réalisée par la faculté des sciences et techniques de l’ingénieur de l’EPFL et publiée dans la revue Advanced Science, pourront servir le domaine biomédical avec la création d’artères artificielles par exemple, rapporte l’établissement lundi dans un communiqué. 

Yoda miniature en 20 secondes

«On met de la résine dans un récipient que l’on fait tourner sur lui-même. Puis, on projette de la lumière sous différents angles, ce qui conduit à la solidification de la résine, uniquement là où l’énergie accumulée dépasse un certain seuil. Cette technique s’avère très précise et peut façonner des objets d’une résolution équivalente aux méthodes d’impression actuelles», explique le professeur Christophe Moser.

Par exemple, il aura fallu seulement 20 secondes aux chercheurs pour solidifier un Yoda miniature, alors qu’une dizaine de minutes aurait été nécessaire avec une imprimante 3D classique, note le communiqué. 

Un Yoda miniature a pu être imprimé en quelque secondes.

Un Yoda miniature a pu être imprimé en quelque secondes.

EPFL

D’après ses créateurs, l’imprimante 3D conçue à l’EPFL en 2017, est l’une des plus rapides du monde. Elle crée des objets de manière instantanée en utilisant le concept d’impression volumétrique, tandis que les imprimantes classiques recourent à un processus d’impression couche par couche.

À gauche, l’objet est imprimé dans une résine transparente. Au milieu, se trouve l’objet imprimé dans de la résine opaque sans correction et à droite l’objet imprimé, mais avec les corrections.

À gauche, l’objet est imprimé dans une résine transparente. Au milieu, se trouve l’objet imprimé dans de la résine opaque sans correction et à droite l’objet imprimé, mais avec les corrections.

EPFL

La lumière solidifie la matière

«Pour que le processus fonctionne, la lumière doit traverser la résine en ligne droite sans être déviée», explique Antoine Boniface, post doctorant. Les chercheurs de la faculté des sciences et techniques de l’ingénieur de l’EPFL ont donc observé la trajectoire de la lumière dans la résine à l’aide d’une caméra et ont compensé la distorsion par des calculs sur ordinateur.

Ils ont ensuite implémenté sur l’imprimante la correction de la lumière envoyée, permettant à cette dernière d’atteindre la bonne dose d’énergie lumineuse dans la résine et de créer l’objet. Le degré de précision est quasiment équivalent entre une résine transparente et opaque. 

À l’avenir, les scientifiques souhaitent trouver un moyen d’imprimer dans plusieurs matériaux en même temps et de pousser la résolution de l’impression du dixième de millimètre au micromètre.

(comm/lvb)

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