Arabie saoudite: Incendie après une attaque de drones à Riyad
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Arabie saouditeIncendie après une attaque de drones à Riyad

L’attaque a été revendiquée par les rebelles houthis, le jour d’une avancée majeure dans le nord du Yémen en proie à la guerre.

Un employé de l'usine pétrolière Saudi Aramco en Arabie saoudite, le 24 novembre 2020 après une attaque des rebelles houthis déclenchant une explosion et un incendie.

Un employé de l'usine pétrolière Saudi Aramco en Arabie saoudite, le 24 novembre 2020 après une attaque des rebelles houthis déclenchant une explosion et un incendie.

AFP

Une attaque de drones vendredi a provoqué un incendie dans une raffinerie de pétrole dans la capitale saoudienne et a été revendiquée par les rebelles houthis, qui viennent de réaliser une avancée stratégique dans le nord du Yémen en guerre.

Il s’agit de la deuxième attaque majeure depuis début mars visant des installations énergétiques saoudiennes, soulignant l’escalade du conflit au Yémen voisin, pays ravagé par la guerre qui oppose les Houthis soutenus par l’Iran et le gouvernement appuyé par une coalition militaire sous commandement saoudien.

«La raffinerie de pétrole à Riyad a été attaquée par des drones, déclenchant un incendie qui a été contrôlé», a indiqué le ministère saoudien de l’Energie, précisant qu’il n’y avait pas de victimes. Condamnant «une attaque lâche», le ministère a ajouté que ces frappes n’étaient pas seulement une attaque contre le royaume, mais contre l’économie et la sécurité économique mondiales.

Riposte de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite

La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen a annoncé samedi avoir lancé des frappes aériennes pour soutenir les forces progouvernementales et contrer une avancée des rebelles Houthis sur la ville de Marib, dans le nord du pays.

Saudi Aramco visé par six drones

Les Houthis ont confirmé dans un communiqué avoir visé avec six drones le géant pétrolier Saudi Aramco dans la capitale, en réponse à «l’agression brutale» de la coalition militaire au Yémen. Les rebelles multiplient les attaques contre le territoire saoudien ces dernières semaines. Début mars, Riyad avait annoncé qu’un drone avait frappé un important port pétrolier et qu’un missile balistique avait visé des installations d’Aramco dans l’est de l’Arabie saoudite.

L’attaque de vendredi survient le jour où les rebelles yéménites ont pris le contrôle d’une montagne aux alentours de Marib, dernier bastion du gouvernement dans le nord du Yémen, dans ce qui représente une avancée majeure pour conquérir cette ville stratégique.

Les rebelles ont «pris le contrôle du mont Hilan qui surplombe Marib à l’issue de combats qui ont fait des dizaines de morts et de blessés», a indiqué un responsable militaire des forces gouvernementales à l’AFP. Marib «est en danger», a déclaré un autre responsable loyaliste.

Après plus de six ans de guerre, les Houthis ont relancé le 8 février leur offensive contre cette région pétrolière, entraînant des combats meurtriers. Marib est située à environ 120 kilomètres à l’est de la capitale Sanaa, contrôlée depuis 2014 par les Houthis, tout comme une grande partie du nord du pays.

«Aucune chance de paix»

Les Houthis ont demandé jeudi à Riyad la fin du blocus aérien et maritime imposé à leur pays comme condition préalable à un accord de cessez-le-feu. Ce blocus est notamment imposé, selon l’Arabie saoudite, pour empêcher l’arrivée d’armes depuis l’Iran, bien que Téhéran nie armer les rebelles.

Jeudi, le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné une «escalade» des affrontements armés à Marib, qui font «courir un grave danger à un million de déplacés» et menacent les «efforts destinés à parvenir à une solution politique, à un moment où la communauté internationale est de plus en plus unie pour mettre fin au conflit». Si les Houthis prennent Marib, «il n’y aura aucune chance pour la paix dans les trois ou quatre années à venir», ajoute l’expert Majed al-Madhaji.

La guerre a plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde, selon l’ONU, et fait des dizaines de milliers de morts, d’après des ONG internationales, sans oublier les millions de déplacés et une population au bord de la famine.

(AFP)

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