Torgon (VS): Incendie d’une colonie: les pompiers ont rarement eu aussi chaud
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Torgon (VS)Incendie d’une colonie: les pompiers ont rarement eu aussi chaud

Commandant du Centre de secours et incendie du Haut-Lac, Cédric Grosjean revient sur l’impressionnant feu qui a tenu en haleine, mercredi, presque tous les pompiers du Bas-Valais.

par
Xavier Fernandez
La chaleur dégagée par l’incendie était impressionnante, disent les pompiers.

La chaleur dégagée par l’incendie était impressionnante, disent les pompiers.

Lecteur reporter

Si la fumée qui se dégageait était visible loin à la ronde, sur place il ne manquait qu’un Cerbère pour se croire aux portes de l’enfer. Que ce soit par la taille des flammes ou la chaleur qui se dégageait, le feu qui a totalement détruit un bâtiment mercredi à Torgon (VS) sortait clairement de l’ordinaire. «De tête, il me semble que le seul incendie comparable, bien que plus petit, sur lequel je suis intervenu, c’est celui du centre sportif de Verbier, en 2017», commente Cédric Grosjean, commandant du Centre de secours et incendie (CSI) du Haut-Lac.

Lorsque ce dernier est arrivé sur place, des pompiers de Torgon étaient déjà à l’œuvre. «L’emplacement était problématique, puisqu’il fallait environ 35 minutes pour monter des moyens lourds et humains depuis la plaine», poursuit Cédric Grosjean. Dès que possible, les pompiers ont procédé à une évaluation de la situation. «Notre premier objectif était de nous assurer que plus personne ne se trouvait à l’intérieur et préserver ce qui pouvait l’être, à savoir les deux bâtiments juste en dessous, ainsi que la forêt. La sécheresse relative de ces derniers temps supposait un risque supplémentaire», se remémore le commandant.

Toute la nuit, ils ont veillé au grain

Si l’objectif a été atteint, le dispositif des soldats du feu a dû aller crescendo au fil de la matinée, au point de devoir faire appel à un hélicoptère. «En tout, nous étions une septantaine de pompiers de tout le Bas-Valais, avec en renfort une vingtaine de partenaires, notamment de la police et de la protection civile. Malgré tout, l’organisation et la collaboration ont parfaitement roulé. Nous sommes très contents.»

Parmi les principales difficultés rencontrées, Cédric Grosjean retient la pesée d’intérêt entre préserver la santé des pompiers et intervenir au plus près de l’incendie. «La charge et le rayonnement thermiques étaient si impressionnants que nous ne pouvions pas nous approcher autant que pour un incendie ordinaire. Cela dit, c’était une occasion parfaite pour apprendre et prendre de l’expérience. Mais j’ai quand même une petite pensée pour le propriétaire qui, lui, a beaucoup perdu.»

Si le feu pouvait être considéré comme éteint dans l’après-midi, des pompiers sont restés sur place jusqu’au lendemain, jeudi, vers 11 heures. «Dans tout gros sinistre, il y a toujours des petits redémarrages de feu. Un petit arrosage et c’est réglé. Mais si on ne le fait pas, toute la forêt pourrait partir en fumée.»

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