Japon – Incendie meurtrier dans une clinique: le suspect décède

Publié

JaponIncendie meurtrier dans une clinique: le suspect décède

Un homme de 61 ans soupçonné d’avoir déclenché un incendie dans une clinique psychiatrique au Japon, qui avait fait 25 morts le 17 décembre, est décédé à l’hôpital jeudi, a annoncé la police.

Les pompiers avaient dû intervenir le 17 décembre dernier dans l’immeuble abritant la clinique psychiatrique.

Les pompiers avaient dû intervenir le 17 décembre dernier dans l’immeuble abritant la clinique psychiatrique.

REUTERS

«Le suspect est mort aujourd’hui», a déclaré à l’AFP un enquêteur de la police locale, au sujet de Morio Tanimoto, 61 ans. Soupçonné d’être à l’origine d’un incendie dans une clinique psychiatrique qui avait fait 25 morts le 17 décembre, cet homme était dans un état critique en raison de brûlures et d’une intoxication au monoxyde de carbone après l’incendie survenu à Osaka (ouest du Japon).

L’homme – un ancien patient de la clinique – est décédé sans avoir été interrogé par la police, a indiqué la chaîne de télévision publique NHK, citant des sources proches de l’enquête sur cet incendie particulièrement meurtrier. Le feu avait fait rage pendant une demi-heure, détruisant le troisième étage d’un petit immeuble commercial où se trouvait la clinique psychiatrique qui fournissait également des soins médicaux généraux. Selon des médias japonais, la plupart des victimes auraient souffert d’intoxication au monoxyde de carbone et pourraient avoir été piégées dans la fumée à l’intérieur de la clinique dont la sortie était bloquée.

Le 20 décembre, un enquêteur de la police d’Osaka avait déclaré à l’AFP que des images de vidéosurveillance de la clinique semblaient montrer un homme en train d’enflammer un liquide sur les lieux. Des caméras de l’établissement l’ont filmé portant des sacs en papier et les déposant sur le sol à l’entrée. «Ensuite, quelque chose ressemblant à du liquide s’échappe des sacs», l’homme «s’accroupit sur le sol et on le voit effectuer un mouvement avec ses mains avant que des flammes ne jaillissent», avait ajouté l’enquêteur.

Incendies criminels à répétition

Selon des médias locaux, Morio Tanimoto travaillait dans la métallurgie et jouissait d’une bonne réputation professionnelle, un ancien employeur décrivant à l’agence de presse Jiji «une personne sérieuse et responsable» dont le «travail était excellent». La vie de ce père de deux garçons, marié à une infirmière, aurait basculé après son divorce en 2008, des témoignages anonymes ayant décrit au quotidien Yomiuri son coûteux penchant pour les courses de chevaux.

Plusieurs médias nippons ont également rapporté que Morio Tanimoto avait été arrêté en 2011 pour tentative de meurtre après avoir été accusé d’avoir porté un coup de couteau à la tête de son fils. L’AFP n’a pas pu vérifier ces informations.

La police a indiqué avoir saisi au domicile du suspect un récipient ayant contenu de l’essence, qui pourrait être lié à une autre enquête. Un petit incendie aurait aussi été signalé chez Morio Tanimoto le jour du drame dans la clinique psychiatrique, toujours selon des médias.

Il y a un an, un homme avait été inculpé pour meurtre à la suite d’un incendie criminel en juillet 2019 dans un studio d’animation de Kyoto (ouest) qui avait fait 36 morts, le crime le plus meurtrier au Japon depuis des décennies. En 2008, l’incendie criminel d’un magasin de location de vidéos à Osaka avait fait 16 morts. L’auteur de l’attaque a été condamné à mort.

Nobuo Komiya, professeur et expert en criminologie à l’Université Taisho de Tokyo, a déclaré à l’AFP que ces incendies criminels à répétition pourraient être en partie liés aux lois très strictes du Japon sur les armes à feu.

«Une différence à noter entre le Japon et des pays comme les États-Unis est que le Japon a des lois strictes sur le contrôle des armes. Ainsi, si un criminel est en colère contre quelque chose, l’un des moyens les plus faciles d’agir violemment au Japon est de déclencher un incendie. Aux États-Unis, le moyen le plus simple serait d’utiliser une arme à feu», a relevé ce spécialiste.

(AFP)

Ton opinion

1 commentaire