Paris: Incertitude sur la présence du «chef» aux négociations
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ParisIncertitude sur la présence du «chef» aux négociations

L'opposition syrienne et les pays qui la soutiennent ont affirmé dimanche que Bachar al-Assad n'avait «pas d'avenir» en Syrie.

Les onze pays soutenant l'opposition syrienne étaient présents.

Les onze pays soutenant l'opposition syrienne étaient présents.

Ils ont fait cette déclaration à l'issue d'une réunion à Paris, qui n'a pas permis de trancher la question de la participation de l'opposition à la conférence de paix fin janvier à Montreux (VD). «Nous sommes tous d'accord pour dire qu'il n'y a pas d'avenir pour Bachar al-Assad et pour sa famille en Syrie. Son départ est inexorable», a souligné le président de la Coalition nationale syrienne, Ahmad Jarba, à l'issue de la réunion.

«Ce fait bénéficie de l'unanimité claire et nette du groupe des Amis de la Syrie», a-t-il ajouté. Il a qualifié le moment de «tournant historique» et d'«étape importante sur la route qui mène au départ du régime en place». Les ministres des Affaires étrangères des Onze membres des «Amis de la Syrie» (Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, France, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Egypte, Jordanie, Etats-Unis, Turquie) n'ont toutefois pas pu convaincre les représentants de l'opposition de participer à la conférence de paix dite Genève-2.

Invitation à la conférence

«Nous demandons instamment à la Coalition nationale de répondre positivement à l'invitation à former la délégation de l'opposition syrienne, envoyée par le secrétaire général des Nations unies», ont souligné les Onze dans leur déclaration finale. Quarante-huit heures de débats houleux à Istanbul cette semaine n'ont pas permis à la Coalition de prendre une décision sur sa participation. Elle doit à nouveau se réunir le 17 janvier.

Gouvernement provisoire

Lors de la réunion de Genève-1, en juin 2012, les participants s'étaient mis d'accord sur la formation d'un gouvernement de transition, tout en passant sous silence le sort de M. Assad. L'objectif de Genève-2 est de discuter d'un processus de transition politique avec la formation d'un gouvernement provisoire. Celui-ci serait composé de membres du régime et de l'opposition et doté des pleins pouvoirs exécutifs. La Coalition exige, avant le début des négociations, la cessation du recours aux armes lourdes par le régime et la mise en place de couloirs humanitaires.

130'000 tués

Plus de 130'000 personnes, dont plus de 7000 enfants, ont été tuées dans les combats entre rebelles et régime depuis mars 2011. Ces violences ont provoqué l'exode de millions de déplacés et de 2,4 millions de réfugiés. «Des villages, des villes, des familles sont bombardés alors que nous parlons. Il est difficile (pour l'opposition) de s'asseoir et de discuter avec le régime d'Assad (...). Mais c'est le seul moyen de résoudre la crise», a souligné le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.

Le régime représenté

En décembre, le régime syrien a annoncé vouloir envoyer une délégation. Le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a toutefois répété que Damas n'irait pas à Genève «pour remettre le pouvoir à qui que ce soit, ni faire de transactions avec qui que soit». Le régime a répété qu'il revenait au président Bachar al-Assad de mener la transition, en cas d'accord à Genève. Cette attitude, mais surtout la multiplication des bombardements des troupes de Bachar al-Assad sur Alep (nord), expliquent les fortes réticences de plusieurs tendances de la Coalition à aller négocier.

Conflit interne

Sur le terrain, l'opposition armée se bat aussi depuis une semaine contre ses ex-frères d'armes, les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), accusés d'exactions. Ce conflit interne a fait en huit jours plus de 700 morts et des centaines de disparus, dans le Nord. Les jihadistes de l'EIIL ont affirmé dimanche que les attaques des rebelles contre leurs combattants «avaient pour unique objectif de nous combattre (...) et de nous remplacer par un projet dont la forme satisfasse les Etats apostats qui vont se réunir à Genève-2». D'intenses échanges diplomatiques sur la Syrie mais aussi sur le processus de paix au Proche-Orient sont prévus à Paris. Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, doit rencontrer lundi son homologue russe Sergueï Lavrov, avec au menu la participation éventuelle à Genève-2 de l'Iran, qui n'a pas été invité par l'ONU. (ats)

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