Votations fédérales: Incertitude sur le sort réservé à l'initiative Minder
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Votations fédéralesIncertitude sur le sort réservé à l'initiative Minder

Le suspense reste entier quant au sort qui sera réservé le 3 mars dans les urnes à l'initiative Minder contre les rémunérations excessives. Les Verts soutiennent le «oui», le PDC et le PBD le «non».

L'incertitude reste entière quant au sort qui sera réservé le 3 mars dans les urnes à l'initiative Minder contre les rémunérations excessives. Si les Verts ont recommandé ce week-end l'approbation du texte, le PDC et le PBD lui ont préféré le contre-projet.

Le Parti démocrate-chrétien (PDC) et le Parti bourgeois-démocratique (PBD) ont ainsi rejoint le Parti libéral-radical (PLR) dans le camp des formations favorables au contre-projet. Les arguments invoqués contre l'initiative sont au demeurant similaires.

PLR, PDC et PBD reprochent au texte élaboré par Thomas Minder de manquer sa cible en accordant des droits exorbitants aux actionnaires. Tout en qualifiant de «vrai problème» la question soulevée par l'initiative, les partisans du contre-projet se font forts d'avancer une solution mieux adaptée.

Selon eux, la proposition Minder laisse de côté la définition de ce qui constitue un salaire excessif. Cette lacune autoriserait l'assemblée des actionnaires à remettre en cause chaque année la politique salariale observée à l'égard des membres de la direction, ce qui n'est pas favorable en fin de compte à l'entreprise.

Pour le PLR, PDC et PBD, le contre-projet à l'initiative prévoit la définition d'un salaire excessif tout en empêchant les actionnaires de s'immiscer dans les décisions du conseil d'administration. De même, le contre-projet prévoit des exceptions à l'interdiction des indemnités de départ, quand cela se révèle utile à l'entreprise.

Délai de mise en oeuvre

Les partisans du contre-projet avancent aussi pour argument la mise en oeuvre rapide, dès la votation du 3 mars, des dispositions de lutte contre les salaires excessifs. Si l'initiative devait être acceptée, il faudrait sans doute des années avant l'adoption par le parlement des lois d'application correspondantes.

Les mots d'ordre du PLR, PDC et PBD ne disent pas cependant s'ils suffiront à faire pencher la balance en faveur du contre-projet. L'accueil réservé à l'initiative Minder par l'Union démocratique du centre (UDC) pourrait se révéler exemplaire à cet égard.

Unanimité relative

La semaine dernière, l'influente section zurichoise de l'UDC s'est prononcée en faveur de l'initiative, malgré la préférence du parti national pour le contre-projet. La difficulté de parler d'une seule voix n'est pas propre cependant à l'UDC. La tendance est manifeste aussi dans les milieux syndicaux.

Alors qu'Unia se dit favorable à l'initiative, l'organisation Travail.Suisse défend le contre-projet. En outre, faute de conclusions transparentes dans le débat sur la question, l'Union syndicale suisse (USS) a renoncé à diffuser un mot d'ordre en vue de la votation du 3 mars.

Fondation Ethos

Le directeur de la Fondation Ethos, Dominique Biedermann, a choisi pour sa part de défendre le contre-projet, après avoir approuvé la démarche de Thomas Minder. «Du point de vue des actionnaires que je représente, le contre-projet est nettement meilleur», déclare Dominique Biedermann dans un entretien accordé au «Matin Dimanche».

Avec l'initiative Minder, nous sauterions d'un extrême à l'autre, ajoute-t-il. Alors qu'aucun droit n'est encore reconnu à ce niveau, le texte Minder ferait de la Suisse l'unique pays au monde où les actionnaires dictent les rémunérations de la direction générale.

A gauche

A gauche, après le PS, les Verts se sont prononcés samedi en faveur de l'initiative, tout en soulignant sa portée limitée. En cas d'acceptation, la proposition Minder ne jouera aucun rôle dans la répartition des richesses ni sur l'écart important entre les plus hauts et les plus bas salaires. (ats)

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