Genève: Incivilités à Genève-Plage: «Le Far West» à la piscine 

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GenèveIncivilités à Genève-Plage: le far west à la piscine

Des jeunes sèment le trouble autour des bassins. Le phénomène prend de l’ampleur. La direction a déjà banni une vingtaine de personnes.

par
David Ramseyer
À Genève-Plage, un agent de sécurité surveille la piscine, un autre effectue des filtrages à l’entrée.

À Genève-Plage, un agent de sécurité surveille la piscine, un autre effectue des filtrages à l’entrée.

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«Les problèmes n’ont jamais commencé aussi tôt dans la saison, se lamente Christian Marchi, directeur de la piscine de Genève-Plage. Dès l’ouverture, le 14 mai dernier, ça a été le far west.» Entre le grand bassin, les rives du lac, le toboggan et le terrain de volley, une centaine de jeunes de 13 à 17 ans selon le responsable des lieux accumulent les méfaits: vols, déprédations dans les vestiaires, bagarres, insultes, irrespect vis-à-vis des baigneurs et du personnel.

Bannis de la piscine

Le phénomène n’est pas nouveau. «On l’observe depuis 2020 – je ne saurais en expliquer la cause –, mais il monte en puissance, constate Christian Marchi. Nous avons deux agents de sécurité. D’habitude, le second ne commence à travailler qu’à partir du mois de juin. Là, on a dû lui demander d’entrer en fonction en avance.» L’un filtre généralement le public aux caisses, l’autre déambule entre les pelouses et les bassins.

Outre la surveillance du duo au physique imposant, Genève-Plage prononce des interdictions d’entrée. En deux semaines, une vingtaine de personnes ont déjà été bannies pour la saison, contre une cinquantaine sur l’ensemble de l’année 2021, lorsque la mesure a été mise en place.

Feintes déjouées

«À la longue, on a en tête les visages des fauteurs de troubles, explique l’un des surveillants. Certains essaient de feinter en portant des lunettes de soleil, une casquette ou un masque hygiénique. Mais bon, on est à la piscine: alors forcément, il y a un moment où ils enlèvent tout pour aller se baigner…» Par ailleurs, se félicite la direction, «la police intervient rapidement» lorsqu’elle est sollicitée.

Genève-Plage entend donc appliquer la tolérance zéro envers ces bandes, originaires de France voisine mais aussi du canton, qui «font fuir la clientèle». Dommage de devoir en arriver là, déplore Christian Marchi: «Franchement, cette situation me fait mal au cœur; mais nous n’avons pas d’autres solutions.»

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