26.08.2020 à 06:05

VaudIncivilités: ras-le-bol des habitants de Clarens

Les citoyens du plus grand village de la commune de Montreux dénoncent des incivilités et des nuisances sonores récurrentes résultant, selon eux, de l’inaction des autorités. La commune prône l’apaisement.

de
Abdoulaye Penda Ndiaye
Les conflits de voisinage et les troubles au sein de l’espace public sont en hausse un peu partout dans le canton depuis un semestre, selon la police vaudoise. A Montreux, par exemple, l’exaspération de la population monte.

Les conflits de voisinage et les troubles au sein de l’espace public sont en hausse un peu partout dans le canton depuis un semestre, selon la police vaudoise. A Montreux, par exemple, l’exaspération de la population monte.

DR

«Il y a le Montreux des riches et le Montreux des pauvres. Dans les quartiers de propriétaires, on peut dormir tranquillement, ils ont des pancartes d’interdiction des chiens dans leurs parcs, des dos d'âne sur leurs routes. Mais pour les quartiers de locataires, comme le mien, c’est le contraire. Il y a trop de bruits nocturnes et d’incivilités. Nos enfants partent à l’école en n’ayant pas suffisamment dormi. La police et les autorités communales ne bougent pas. Nous sommes fatigués.» Francesca*, enseignante d’une cinquantaine d’années, se dit «exaspérée» par la situation qui prévaut à Clarens.

«On se sent effectivement abandonnés dans ce qui est devenu une grande cité-dortoir. Les jeunes sont paumés. Il n’y a ni douceur visuelle, ni esthétique, ni îlot de fraîcheur. Le coronavirus et l’absence de verdure sont certainement parmi les causes de l’augmentation des incivilités. Plusieurs études ont montré que les zones délaissées sont celles où il y a le plus d’insécurité», ajoute Christine*, autre habitante de Clarens. «La colère des habitants risque de se transformer en agressivité. Les autorités doivent intervenir», prévient de son côté Yasmina. Concierge depuis seize ans, Antonio* estime que la situation ne fait «que se détériorer davantage». Selon lui, dans l’immeuble dont il s’occupe, plusieurs locataires ont exprimé récemment «l’envie d’aller voir ailleurs».

L’Association des intérêts de Clarens soutient que «certaines incivilités, principalement au Pierrier et sur la Grand-Place, n’apaisent en rien la situation». Son président, Patrick Grognuz, affirme que sa structure reste «attentive aux revendications des habitants». Selon lui, consciente que des changements s’imposent, l’association compte modifier ses statuts. «Nous prônons une vision globale avec des référents par secteur d’habitation. Leur mission sera de remonter les attentes de leur quartier au comité», a-t-il poursuivi.

Un dispositif mis en place cet été

La situation n’est certes pas comparable à celle de Neuchâtel, où un groupe a fait appel à la justice populaire pour combattre la délinquance. Mais, conséquence de la détérioration du climat social, un collectif baptisé «Clarens ensemble» a vu le jour récemment. Et il a lancé un chapelet de doléances ayant eu un certain écho sur les réseaux sociaux ainsi qu’une pétition baptisée «Redonner sa place à la population».

Contactées par «20 minutes», les autorités communales admettent qu’il y a un réel problème. «Mais, depuis le début de l’été, nous avons mis en place tout un dispositif pour pacifier les choses. On fera le point en septembre. Mais avant cela, nous allons rencontrer, dès ce jeudi, l’Association des intérêts de Clarens», a réagi l’élu PLR montreusien Jean-Baptiste Piemontesi.

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